La rougeole continue sa progression au Nord-Ouest

Alors que la riposte commence à s’organiser au ministère de la Santé publique, les chiffres de personnes infectées dans la région du Nord-Ouest vont crescendo.

On dénombre déjà 7 décès pour une centaine de cas signalés dans toute la région.
On avait cru la rougeole définitivement jeté dans les oubliettes dans nos listes de maladies habituelles. D’aucuns pensaient même à une disparition totale ou presque de la maladie au Cameroun. Mais c’était sans compter les soubresauts récents, dus à une épidémie sans précédent, survenue depuis le début du mois de juillet dans la région du Nord-Ouest du pays. De quelques dizaines de cas enregistrés au départ, on est ce jour à plus de 114 cas enregistrés pour 7 décès, la plupart des enfants de moins de 5 ans.
Pour nombre de spécialistes, cette résurgence de la maladie serait due au non-respect du calendrier vaccinal, aidé en cela par les considérations traditionnelles et religieuses, hostiles à la vaccination. « Cette épidémie qui sévit actuellement, c’est tout simplement parce que les mamans n’ont

pas assez vacciné leurs bébés à 9 mois. En plus, on remarque que le personnel médical ne leur a pas suffisamment rappelé de venir chercher cette dose » indique le Dr Marie Kobela, Secrétaire permanente du Programme élargi de vaccination (PEV).
Depuis l’introduction du vaccin antirougeoleux, le nombre de décès par rougeole a en effet chuté dans le monde. Entre 2000 et 2013, on estimait cette chute à environ 75%, dont 15,6 millions de décès en moins, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais au Cameroun, après quelques années d’accalmie, on semble être entré de plain-pied dans une autre épidémie de grande envergure. En dehors de la centaine de cas enregistré au Nord-Ouest, on en signale déjà d’autres dans les régions du Centre et de l’Est. Certaines sources sanitaires estiment d’ailleurs que durant l’année 2014, plus de 700 cas de maladies auraient été découverts sur l’étendue du territoire national pour 16 décès.
Alors pour éviter que les bilans ne s’alourdissent ici et là, la riposte s’organise. Dès l’entame de l’épidémie dans la région du Nord-Ouest en début du mois de juillet, le gouverneur de la région, Adolphe Lele Lafrique, a organisé une réponse face à une situation qu’il estime « préoccupante ». Ainsi, il a instruit une campagne de vaccination dans les 11 districts de santé touchés de la région. Même si l’exercice n’a pas encore montré ses fruits. On annonce « une campagne de masse dans les prochains jours », des actions plus larges sur l’étendue du territoire national, afin de mieux juguler cette épidémie.
La rougeole reste une maladie très contagieuse qui touche principalement les enfants de moins de 5 ans. « Dès qu’un seul enfant a la rougeole dans la cours, tous ceux avec qui ils jouent peuvent être contaminés s’ils ne sont pas vaccinés » explique le Dr Marie Kobela. Le virus de la rougeole, extrêmement contagieux, se propage alors par simple toux ou éternuement du malade. La maladie se transmet aussi par contact rapproché entre personnes ou par le contact direct avec des sécrétions nasales. Elle se manifeste par une forte fièvre qui peut atteindre 40°C, une conjonctivite accompagnée de l’écoulement des larmes aux yeux. Le malade a aussi un écoulement nasal et la toux. Il apparaît également des petites tâches blanchâtres sur la peau du patient. La rougeole reste mortelle quand elle n’est pas prise en charge.