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La police tire à balles réelles sur un camionneur

La police tire à balles réelles sur un camionneur

Le nommé Wamba a écrasé un homme de 30 ans dans la localité de Minla Mizibi, à 43 km d’Ebolowa.

Dans la nuit du 07 au 08 mai 2014, Mbama, petite localité sans histoires où est installé le poste de contrôle mixte de Ngoulemakong, une ville de la région du Sud, s’est transformée en champ de tir. Un chauffeur de camion et son assistant ont été l’objet ce soir là de tirs nourris des policiers, qui les avaient préalablement pris en chasse non loin d’Ebolowa. Pourtant, Mbama ne ressemble en rien à Minkama, un quartier d’Obala (région du Centre) qui abrite une des casernes de la garde présidentielle, rendue célèbre pour son champ de tir. Et encore plus loin de Mutenguene, dans la région du Sud-Ouest, où est construite une école de police.

Toute cette histoire a commencé par un macabre accident survenu à Minla Mizibi, une bourgade située à 43 kilomètres d’Ebolowa. Le protagoniste s’appelle Wamba, chauffeur du camion immatriculé « Lttr 329 Ad » et appartenant aux Ets Oumarou Sarl. Dans cette boîte, il est chargé de transporter les casiers vides de Guinness. La nuit de l’incident, il écrase un homme de 30 ans à Minla Mizibi avant de prendre la fuite. Fabrice Bekale Ndjoumou, la victime de cet accident, décède quelques heures après. C’est Aba bekale, le père de la victime, qui s’est lui-même chargé d’annoncer la mort de son fils.
Le corps de Fabrice Bekale Ndjoumou a été déposé à la morgue de l’hôpital régional d’Ebolowa, au grand désarroi de son père inconsolable. « Mon fils a subit un sort inimaginable alors qu’il venait de rendre visite à sa tante, qui habite non loin du lieu de l’accident. C’est terrible parce que j’ai perdu sa maman dans les mêmes circonstances. » Après l’accident, le nommé Wamba, chauffeur du camion, et son assistant prennent la fuite. Ils sont pris en chasse par la police qui les rattrape à Mbama. C’est là que les deux fuyards prennent la fuite en forêt après que la police ait tiré à balle réelle sur leur véhicule. Les éléments de l’officier de police principal Monessanang, chef de poste de Ngoulemakong, ne sont pas passés par quatre chemins pour faire usage de leurs armes sur ce camion totalement en délit de fuite après cet accident de route.

Dans la localité de Mbama, théâtre de cette fusillade qui n’a pas causé mort d’homme, des interrogations fusent : « Fallait-il faire tonner les armes pour que le camion soit maitrisé alors qu’il fallait simplement faire usage de la herse sur la route pour obstruer son itinéraire ? » Autre interrogation : « qui a ordonné le tir, le sous-préfet de Ngoulemakong ou le chef de poste de la sécurité publique?

Les enquêtes en cours, diligentées par l’unité de contrôle des services de la police et la direction régionale de la police judiciaire, démêleront sans doute les écheveaux.

 

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