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LA FUITE EN AVANT DU « NNOM NGUI »

LA FUITE EN AVANT DU « NNOM NGUI »

La très controversée loi portant répression des actes de terrorisme vient d’être promulguée ce 24 décembre 2014 par le Chef de l’État. Le journal papier à capital gouvernemental, en prélude à la gazette officielle , qui parait à « compte-goutte », selon les humeurs de la trésorerie…de la présidence, comme le fit en son temps le récent retraité de la plus haute juridiction du pays, à l’occasion des élections présidentielles de 1992, s’est chargé de cette sale besogne.

Même si les observateurs les plus avisés de la scène publique camerounaise ne s’en doutaient pas, convaincus de ce que ce « nnom ngui » n’écoute personne, fort du grand tollé qu’a suscité l’adoption de cette loi, l’opinion publique avait pensé à une certaine retenue de sa part. Trois raisons militaient en faveur de cela :

1.La trop large définition du terrorisme
Point n’est besoin de s’étendre sur le concept de terrorisme. Plusieurs grands intellectuels et certains juristes-savants l’on fait bien avant. Mais, en quoi le fait de « perturber le fonctionnement normal des services publics, la prestation de services essentiels aux populations ou de créer une situation de crise au sein des populations » est par exemple nécessairement un acte terroriste ? (Article 2(1) b). En se fondant sur la raison, le Chef de l’Etat n’aurait donc pas fait piètre figure en se retenant un peu ;

2.Le précédant de la non-ratification de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relative aux droits des femmes.
En effet, conscient de ce que ce texte ne condamnait pas explicitement l’homosexualité, le très charismatique Christian Cardinal TUMI, avait pris la tête d’une protestation contre sa ratification par le Chef de l’Etat, le 11 juillet 2009 ; En réponse, le président de la République y avait fait un ‘’rétro pédalage’’. Jusqu’à ce jour, ladite ratification ne semble pas avoir été faite ;

3.Les prérogatives constitutionnelles du président de la République
Aux termes de l’article 19 alinéas 3 de la Constitution du 18 janvier 1996, les lois peuvent faire l’objet d’une demande, par le Président de la République, d’une seconde lecture, avant leur promulgation. Dans ce cas, ce même texte précise que la loi, pour avoir l’onction de la représentation nationale, doit être adoptée à la majorité absolue des Députés.

En exerçant simplement les prérogatives que lui confère la loi fondamentale en la matière, le Chef de l’Etat, aurait jaugé la dextérité de son parlement « en situation » et, puisque çût été une première au Cameroun, aurait pu s’en sortir la tête haute et se présenter comme un bon démocrate.

  1. Montrer à l’opinion, comme nous le disions dans un récent article publié sur ce même média, qu’il est le métronome national et ne saurait donc céder aux « chantages » des « apprentis-sorciers ». Car, un nnom ngui, « subir ».
  2. Eviter des surprises désagréables susceptibles de lui faire perdre la main, voire le pouvoir tout court. Pour cela, rien n’y pouvait, il fallait aller de l’avant… foncer.

De ce point de vue, il y a lieu de constater que le ‘nnom ngui’ continue de faire des fuites en avants. Seulement, il peut être loisible de se rappeler que tous ses pairs, ceux qui, avant lui, ont perdus le magistère, se sont toujours obstinés jusqu’à la lie…BOKASSA, MOBUTU, KADHAFI… et très récemment COMPAORE qui, en dépit des cris ‘’séditieux’’ de son peuple, a refusé d’écouter et t’entendre…

Le Cameroun, c’est le Cameroun, n’est-ce pas ?!

 

 

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