La coopération décentralisée accèlère le développement

La coopération décentralisée accèlère le développement

Le jumelage de Kayseri et de Maroua est pour nous, un enseignement sur l’intérêt économique et pratique d’une coopération décentralisée, construite sur des relations bilatérales entre deux collectivités territoriales de deux pays étrangers qui s’entendent, pour faire des choses ensemble.

On peut dire que sous nos cieux où le jacobinisme tropical a construit une bureaucratie d’empêchement, on est heureux de voir disparaître quelques étages du parcours de la centralisation administrative, ralentisseur de l’e?cacité de nos administrations. Kayseri veut aider Maroua. C’est bien Maroua dites-nous vos besoins. Maroua répond nous aimerions avoir un hôpital obstétrical pour les femmes de notre région qui sou?rent encore de complications à l’accouchement. Nous allons vous aider dans ce sens, répond Kayseri parce que nous avons les moyens de le faire ou parce que nous allons chercher avec vous les moyens de le faire. On vous, accompagnera bien entendu dans cette démarche du début à la ?n. Voici tout ce qui fait la di?érence dans la coopération solidaire. On ne situe pas mécaniquement dans une course d’intérêts égoïstes. On apprend à travailler ensemble, à se faire con?ance, à s’appuyer sur les complémentarités. C’est pour cette raison que les termes qui quali?ent cette démarche, sont philanthropies quand on vient en aide aux collectivités très pauvres soit relation gagnant/gagnant avec les pays en voie d’émergence. Un autre avantage de la coopération décentralisée est le choix multiple des domaines d’intervention. On peut tout à fait dans le cadre d’un jumelage agir sur la coopération technique, les échanges culturels, les actions sanitaires et sociales, le développement urbain, l’apport de formation. La ?nalité économique des projets n’étant qu’une résultante indirecte des actions, alors que l’intervention économique peut constituer un volet à part entière de l’échange. Tout ce qui peut paraître informel dans cette approche est ce qui lui donne toute sa force. Les voyages des uns et des autres, ici et làbas, permettent de construire une meilleure connaissance de ce qui est fait dans le cadre de la coopération et de toucher du doigt les problèmes de celui qui sollicite de l’aide ou de l’appui. Autre avantage de cette approche qui est plus proche de nos réalités, c’est qu’il n’existe pas forcément des éléments déclencheurs rationnels pour décider de venir en aide, une intuition, une opportunité, une rencontre peuvent constituer le départ du montage d’une action de grande ampleur. La coopération peut aussi prendre appui sur une volonté politique clairement a?chée et rechercher l’adhésion de la population, des forces vives locales. Mais plus que tout, on note que ce mode de partenariat repose d’abord sur les perspectives partagées d’une connaissance mutuelle approfondie qui permet de déboucher sur le repérage de problématiques communes. Nouer une relation de partenariat implique de déterminer des thématiques de travail autour de problématiques communes, pour lesquelles les partenaires disposent des compétences et des espaces de coopérations nécessaires.

Ces investisseurs qui se bousculent au Cameroun
Ces derniers temps on a vraiment le sentiment d’un embouteillage de réception de délégations d’investisseurs qui foulent le sol camerounais et occupent les chefs de départements ministériels à plein temps, pour les réceptions d’accueil et de présentation des intentions à investir. Les hommes d’a?aires camerounais de premier rang semblent complètement omnibulés par l’invitation des investisseurs pour des visites techniques ou des forums économiques. Qui s’en plaindra tant que c’est le Cameroun qui y gagne. Le Cameroun gagne e?ectivement à se faire connaitre. La méthode de présentation de partenaires investisseurs est parfaitement rodée. Savamment orchestrée par des annonces des milliards à venir et des interviews ciselés à la sortie des têtes à têtes, les réceptions o?cielles ou participation à des forums. Le catalogue des bonnes intentions s’égrène toujours en une liste de promesses à investir ou en éloges sur notre culture paci?que et nos richesses. Oui nous savons qu’il nous manque des infrastructures, qu’il nous faut des routes, des hôpitaux, une agriculture plus rentable, toutes ces choses nous sont récitées depuis fort longtemps. Le problème aujourd’hui, c’est nous aider à mieux gérer tout ce potentiel mal inutilisé ou insu?samment utilisé de façon à ce que le plus grande nombre en ressente le béné?ce. « On fait comment alors » dirait le camerounais de la rue. Les projets prioritaires éligibles au principe du Build and transfer sont connus et listés par le Carpa. Tous les feux verts ont été donnés pour indiquer le chemin de l’action. Il faut désormais piocher dans la commande des priorités de l’état et soumettre un dossier pour examen des capacités de réalisation. On s’étonne donc un peu de voir quelqu’une des délégations d’investisseurs amis du Cameroun nous dire combien ils aimeraient tant aider le Cameroun pour construire des aéroports, des barrages, des lignes de trains, j’en passe des meilleurs. Le premier ministre ne devraitil pas recevoir ceux qui ont fait l’e?ort de lire notre commande et qui pour l’avoir minutieusement étudiée sont prêts ? Nous sommes conscients que les initiatives peuvent être freinées par certaines brebis galeuses d’un système où la corruption continue à sévir à un stade endémique. Mais les investisseurs amis du Cameroun doivent eux aussi choisir la transparence, le positionnement sur des projets déjà encadrés par des dispositifs juridico administratifs. Il ne faudrait pas que les bonnes intentions soient ?ouées par des malversations. Les investisseurs chevaux de Troie des intérêts particuliers ?nissent toujours par se mordre les doigts après avoir fait copain copain avec un haut fonctionnaire pour s’assurer du bon avancement de son projet. On a le droit d’inviter les média et parler de son projet quand on ne craint rien. Les jérémiades des investisseurs sur l’incivilité de nos torpilleurs nationaux de projets ne doivent pas devenir l’arbre qui cache aussi la forêt des promesses qui ne deviennent jamais de réels investissements. Quand on rentre en a?aire avec des interlocuteurs qui ne respectent pas les règles républicaines d’accompagnement de l’investissement au Cameroun, il faut faire un acte de civisme en les dénonçant à l’opinion, avec des preuves irréfutables de leur compromission a?n qu’ils soient non seulement congédiés mais poursuivis et lourdement sanctionnés.