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KOUSSERI : UN CHEF LOCAL DE BOKO HARAM ARRÊTÉ

KOUSSERI : UN CHEF LOCAL DE BOKO HARAM ARRÊTÉ

Au cours de son arrestation une importante cache d’ames a été découverte.

Au quartier Kodogo, une villa intriguait sérieusement les riverains. Elle était toujours portes closes et il était très rare de voir entrer ou sortir des gens. Elle était pourtant occpée depuis un an. «La maison était toujours close, et rarement l’on pouvait mettre un visage sur ses habitants», explique un riverain. Il y a quelques jours, Mahamat Ali, le locataire de la maison, a renouvelé son bail.

Payant toujours rubis sur ongle. Un comportement suspect par ces temps d’insécurité. Aussi un informateur va mettre la puce à l’oreille des éléments du commissariat central de Kousseri. Ce 23 septembre 2014, la descente sur les lieux des policiers renforcés par des militaires, un exercice de routine en cette période, sera fructueuse. Et pour cause : la villa servait de dépôt d’armes à la secte Boko Haram. Armes et munitions y étaient (voir encadré) dissimulées dans tous les coins et recoins de la villa quand elles n’étaient pas entassées dans les fûts, où dans des fosses creusées dans la ville.

«C’est la plus grande saisie opérée dans la région ces dernières années», confirme une source sécuritaire. Les services de sécurité camerounais auront la baraka au cours de cette opération. Car, outre la découverte de cet entrepôt, ils vont mettre la main sur trois membres de la secte dont le très précieux Abakar Ali alias Moustapha Oumar. «Nous ignorons pour l’instant de quelle nationalité il est. Cependant, il avait en sa possession une carte nationale d’identité camerounaise au nom d’Abakar Ali et des documents officiels nigérians au nom de Moustapha Oumar», renseigne une source sécuritaire.

De fait, interpellé en compagnie de deux comparses, Mahamat Ali et Issiaka Garé, un mutilé de guerre -qui a perdu une jambe au cours des affrontements au Nigeria-, Abakar Ali va se montrer rapidement menaçant à l’endroit des forces de sécurité. «On a tout de suite senti que nous avions affaire à un homme important dans leur mouvement. Il a dit qu’il valait plus de 20 ministres camerounais. Il a voulu nous montrer qu’il était très précieux et valait de l’or et que nous devrions le traiter comme tel», affirme une autorité sécuritaire locale.

De traitement, le trio a rapidement été évacué à Maroua pour être sans doute acheminé à Yaoundé. Les services de sécurité ont encore en mémoire l’assaut lancé contre la brigade de gendarmerie de Kousseri dans la nuit du 4 au 5 mai 2014 par des éléments de Boko Haram pour libérer un de leurs chefs détenu, Alhadji Moustapha. Abakar Ali, à en croire diverses sources locales, a reconnu être le patron de la secte dans cette importante plaque tournante qu’est la ville de Kousseri. «Il avait la haute main sur la logistique et les finances. Kousseri est surtout importante pour la logistique et les finances car les quelques rares opérations menées visent surtout à régler des comptes internes à la secte», analyse une source sécuritaire locale.

PLAQUE TOURNANTE

L’impressionnante quantité d’armes et de munitions saisies ce 23 septembre 2014 à Kousseri soulève un ensemble d’interrogations dont la moindre n’est pas la perméabilité de la frontière qui sépare la capitale tchadienne du chef-lieu du département du Logone et Chari. Manifestement, la ville de Kousseri malgré les efforts de toutes les parties continue de servir de base logistique à la secte islamiste. Aussi la question reste désormais de savoir si l’équipe d’Abakar Ali ne disposait que d’une seule planque.

«Lorsque les tchadiens se sont véritablement impliqués dans la lutte contre la secte, le flux d’armes en direction de Kousseri a considérablement baissé. Les fournisseurs de Boko Haram se sont détournés de la ville pour emprunter un itinéraire à partir du lac Tchad et qui passait par l’île camerounaise de Tchol. Cette prise montre que la secte n’a pas abandonné sa base logistique de Kousseri qui, il est vrai, est à même de ravitailler plusieurs fronts le long de la frontière», explique une source proche du dossier.

De fait, la secte est de plus en plus confrontée à des problèmes logistiques parce que l’une de ses sources d’approvisionnement qui se trouve être l’armée nigériane a abandonné de nombreuses positions dans l’Etat de Borno. «C’est un phénomène paradoxal. Boko Haram s’est longtemps servi dans l’arsenal de l’armée nigériane tant que celle-ci gardait plusieurs positions dans le Borno. Aujourd’hui, celleci lui a cédé du terrain avec même parfois des armes et des munitions, mais il n’y a plus de renouvellement. Elle n’arrive plus à réguler son stock et doit de nouveau se retourner vers l’extérieur.

Et son extérieur passe par le Tchad», déclare notre source sécuritaire. Dans ces conditions, l’arrestation du chef de la cellule de Boko Haram à Kousseri est un coup très dur porté à la secte. Elle pourrait perturber durablement ses infrastructures locales.

Armes saisies

  • 01 mitrailleuse chinoise 1,80
  • 04 mitrailleuses 12,7
  • 14 fusées éclairante
  • 24 roquettes
  • 04 lance roquettes
  • 06 AK47
  • 60 chargeurs vide Ak47
  • 04 Pa
  • 62 munitions 9 mm
  • 469 munitions 12,7
  • 4454 munitions 7,62
  • 1491 munitions 5,56
  • 203 munitions 7,62 dans 8 maillons
  • 619 munitions 7,62 libre
  • 06 grenades à fusil
  • 28 chargeur de lance  roquette
  • 01 chargeur fal
  • 01 valise de coran et documents de prêche
  • 01 protège pied.

 

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