camernews-Incendie

Kousseri : des Milliards perdus dans le feu

Kousseri : des Milliards perdus dans le feu

Un incendie s’est déclaré lundi soir au marché central de la ville faisant aussi six blessés donc deux gravement atteints.

Courageusement, les habitants de Kousseri tentaient de reprendre leurs activités hier. Ils se sont serrés les coudes pour surmonter le traumatisme qu’ils ont subi après l’incendie qui a dévasté près de la moitié du marché central de la ville la veille. « Nous étions allés assister une cousine qui a perdu sa boutique. C’était comme adresser des condoléances, comme un deuil », frissonne Mahamat.

Près de 500 boutiques et échoppes sont parties en fumée. Les premières flammes ont été signalées aux environs de 20h30. Le fort vent sec de ce début de saison pluvieuse les a très vite dispersées, propageant le feu plus qu’il n’en fallait. Les pompiers de l’armée camerounaise ont été très rapidement débordés par la furie des flammes. Les autorités de la ville ont eu le bon sens de faire appel à ceux de la ville voisine de N’djamena.

C’est de concert que les pompiers camerounais et tchadiens ont évité un plus grave désastre. Pendant plus de deux heures d’une lutte acharnée, ils ont combattu les flammes parfois hautes d’une dizaine de mètres. Ils y sont venus à bout peu avant minuit. Les premières constatations que les autorités ont faites sont qu’il y a eu six blessés dont deux gravement atteints. Le feu serait parti du lieu dit « Nouveau marché », des congélateurs d’une alimentation. Un court circuit électrique en serait l’origine. Outre les branchements anarchiques de câbles électriques, sa propagation a été décuplée par le carburant contenu dans les innombrables groupes électrogènes dont se sont équipés les commerçants.

Dans cette ville souvent sujette à des coupures de courant électrique pouvant durer des semaines, l’usage des groupes électrogènes est très fréquent. Le préfet du Logone et Chari, Albert Mekondane a multiplié les réunions avec son état major et des représentants des commerçants. Ces derniers évoquent des pertes de plusieurs milliards de Fcfa. Ces déclarations seront très difficile à vérifier tant le commerce se fait à Kousseri de façon informelle.

« Ce n’est pas toujours ce que les commerçants présentent en vitrine qui est le contenu réel de la boutique. Il faut savoir que c’est le plus grand marché transfrontalier et il y a beaucoup de contrebande », fait remarquer Abdourahman un commerçant. Les pertes sont énormes tant pour ces commerçants que pour les habitants du département du Logone et Chari, ceux de N’Djamena et même de plus loin.

Le marché de Kousseri est en effet le seul marché situé sur la frontière à être ouvert dans les trois départements du Logone et Chari, du Mayo Sava et du Mayo Tsanaga. Depuis que le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord a ordonné la fermeture des marchés frontaliers, celui de Kousseri servait à ravitailler des milliers de villages et surtout N’djamena et ses environs.

Le flux des échanges s’y était paradoxalement amoindri. Les marchandises en provenance du Nigeria par Fotokol et Amchide-Banki se sont arrêtées. De plus, l’insécurité sur la route nationale n° 1 oblige les commerçants à de très vastes et coûteux détours pour se faire fournir en marchandises. Par ailleurs, les nombreux déplacés internes, pupilles de la Communauté internationale exercent une pression sur les prix qui se sont envolés.

Tous ces facteurs conjugués étaient jusqu’à lundi soir quelque peu maîtrisé. Mais, depuis l’incendie, des questions taraudes les observateurs: Comment faire pour relancer les activités du marché? Les commerçants sinistrés auront ils assez de ressources pour y parvenir? La nature informelle de leur activité préoccupe.

Très peu en effet ont des assurances incendies. Au cas où les commerçants ne parviennent pas à rouvrir leurs magasins, l’Etat va t’il leur venir en aide? Sinon, où vont s’approvisionner les millions de personnes qui le faisaient à Kousseri?

 

camernews-Incendie

camernews-Incendie