Kourra félicité Owona Mfegué sonde l’impact du vote des camerounais de l’étranger à l’aune de la menace terroriste

Dans un essai intitulé « Droit de vote et participation politique des Camerounais de l’étranger », celle qui est chargée de cours à l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric), prétend que l’impact du vote diasporique, eu égard à l’équilibre national fragilisé, « pourrait être plus décisif lors des prochaines échéances électorales ou référendaires ».
Jeudi dernier à Yaoundé, Kourra Félicité Owona Mfegué, était face au public pour défendre les idées contenues dans son livre. Docteur en Droit et administrateur des élections, l’auteure, a le mérite d’aborder un sujet qui après l’élection présidentielle d’octobre 2011 au Cameroun a vu pour la première fois la diaspora prendre part au scrutin, n’a plus jamais fait parties des préoccupations des politologues, juristes, et autres protagonistes du landerneau politique camerounais.
Après avoir souligné la très longue résistance de Yaoundé à conférer la citoyenneté politique à la diaspora, notamment le vote à distance, K. F. Owona Mfegué qui salue l’acte, appelle cependant à aller plus loin du point de vue législatif. « Il faut que soit révisé le code de nationalité de juin 1968 », dira-t-elle devant une salle de conférences de la Fondation Muna devenue exigüe pour contenir le nombreux public venu à la dédicace.

Pour l’essayiste, une redéfinition des types d’élections, des mécanismes et procédures de vote à l’extérieur du territoire camerounais au travers des contraintes juridiques et politiques, s’avère incontournable. « Il ne faudrait pas que la plurinationalité prise comme prétexte, donne l’opportunité aux gens, de faire entrer des chevaux de Troie au Cameroun tel que cela a été vu ailleurs », scande K.F. Owona Mfegué.

En un mot comme en mille, et sans risque de nous tromper, l’universitaire explore ici les voies à même d’améliorer le processus d’appropriation de la citoyenneté extérieure par l’Etat du Cameroun. Chose que l’auteure passe au crible par les structures et modalités plus récentes de gestion du vote hors du pays.
Une manière somme toute complète (parce que théorique et pratique) pour K.F. Owona Mfegué de permettre et aux juristes, politistes et autres parties prenantes, de s’offrir ce précieux ouvrage dont le seul regret est la façon laconique voire condescendante de l’auteure à répondre à certaines questions qui ont semblé fondamentales à une bonne frange de l’assistance. Encore que la chargée de cours, a les moyens de s’en passer. Elle qui, administrateur des élections, a travaillé l’an dernier (pour ne citer que ce cas) avec la Mission d’observation électorale des Nations unies au Burundi.

« Droit de vote et participation politique des Camerounais de l’étranger », Kourra Félicité Owona Mfegué, La Doxa, Editeur militant, 10 000 francs Cfa (20 euros), Format 15,8 x 24, 182 pages.