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Justice: Lydienne Eyoum va demander une grâce amnistiante

Justice: Lydienne Eyoum va demander une grâce amnistiante

L’avocate franco-camerounaise, condamnée par la Cour suprême du Cameroun le 6 juin 2015 à 25 ans de prison ferme pour détournement de fonds publics, va demander une grâce amnistiante. C’est ce qu’a indiqué son avocate Me Caroline Wasserman ce 10 juillet sur les antennes de RFI.

Un nouveau rebondissement dans l’affaire Lydienne Yen Eyoum, qui pourrait être le dernier. En effet, Me Caroline Wasserman a fait savoir que sa cliente va demander une grâce amnistiante. « Lydienne Eyoum va demander une grâce amnistiante, ce qui signifie que dans son esprit, elle sollicite une amnistie qui va lui permettre, et c’est ce que nous espérons tous, d’être réintégrée dans ses droits, puisque Lydienne n’a jamais détourné un centime d’argent public », a-t-elle déclaré sur les ondes de Rfi ce matin.

Condamnée à 25 ans de prison ferme pour détournement de fonds publics, Lydienne Yen Eyoum est accusée d’avoir détourné un milliard de francs CFA dans une affaire de recouvrement entre l’Etat camerounais et la banque SGBC, une filiale franco-camerounaise de la Société Générale. Elle a été arrêtée comme plusieurs anciens ministres dans le cadre de l’opération anti-corruption «Epervier», lancée en 2006 par le président Paul Biya, et placée en détention provisoire depuis près de cinq ans à la prison de Kondengui.

Une détention jugée arbitraire par son conseil, qui s’appuie également sur la position du conseil des droits de l’homme de l’ONU. « Les Nations Unies, qui ont statué le 9 juin dernier sur le cas de Lydienne, ont estimé que Lydienne devait être libérée immédiatement puisque sa détention est jugée arbitraire, et que par ailleurs elle doit être indemnisée pour tout e qu’elle a vécu, puisque six ans de détention dans ces conditions-là c’est insupportable. Surtout quand on est innocent », renchérie Me Caroline Wasserman.


Rétropédalage

L’annonce de la demande de la grâce amnistiante, amnistie accordée à une catégorie de condamnés réservée par le législateur aux seuls individus qui auront obtenu un décret de grâce pris par le pouvoir exécutif, est, selon plusieurs observateurs de la scène politique au Cameroun, le résultat de la récente visite du président français François Hollande au Cameroun le 3 juillet 2015. Une grâce présidentielle que Lydienne avait pourtant refusée selon son avocate. « On va continuer à travailler sur ce dossier avec notamment les instances du Quai d’Orsay, voir si des négociations peuvent s’ouvrir pour essayer de trouver une solution. Sauf qu’on a une difficulté, c’est que Lydienne m’a déjà fait savoir qu’elle refuserait une grâce présidentielle. Donc je ne sais pas comment les choses vont tourner…», avait-elle indiqué après le verdict de la Cour suprême du Cameroun.

Lors de sa visite, François Hollande aurait donc plaidé la cause de l’avocate franco-camerounaise. Et le président Paul Biya avait promis de s’y pencher : « Je verrai ce que je pourrais faire si tel est le souhait de l’intéressée, et si la constitution me donne les moyens de faire quelque chose, c’est de bon cœur que je le ferai le moment venu », a-t-il déclaré face aux journalistes.

 

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