Journée mondiale de la population: Le Cameroun célèbre avec les déplacés

La représentation du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) dans le pays a lancé les activités de cette Journée célébrée chaque 11 juillet, à Mokolo, dans la région de l’Extrême-Nord

Les femmes et les enfants sont le plus souvent les personnes les plus vulnérables lors de l’exil ou du déplacement à la suite de conflits ou de catastrophes dans un pays donné, reconnait le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans son message adressé à l’occasion de la célébration, le 11 juillet, de la Journée mondiale de la population.

Pour l’édition 2015, célébrée cette année sous le thème: «Les populations vulnérables dans les situations d’urgence», le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a décidé de mettre en lumière la situation des personnes déplacées par la force. La représentation camerounaise de cette organisation du système des Nations Unies a lancé les activités autour de cette Journée cette semaine à Mokolo, chef-lieu du département du Mayo Tsanaga, dans la région de l’Extrême-Nord. La région accueille des dizaines de milliers de réfugiés nigérians qui ont quitté leur pays pour fuir les exactions perpétrées par l’organisation terroriste Boko Haram; mais aussi des déplacés internes camerounais qui ont dû quitter certaines localités du territoire national, régulièrement visées par les incursions de la secte.

«Même dans des conditions normales, les complications en matière de santé procréative sont une cause majeure de mortalité et de morbidité chez les femmes en âge de procréer. Dans les situations d’urgence humanitaire, on estime qu’une femme ou adolescente sur cinq est probablement enceinte. Comme les sages-femmes qualifiées et les soins obstétricaux d’urgence ne sont souvent plus disponibles, les femmes et les filles enceintes sont alors souvent davantage exposées à mourir ou devenir infirmes», estime le Dr. Babatunde Osotimehin, Directeur exécutif de l’UNFPA, dans son message délivré à l’occasion de cette célébration.

A l’Extrême-Nord du Cameroun, notamment à l’hôpital de district de Mokolo et de Hina, au Centre de santé intégré de Gadala et au poste de santé du camp, l’UNFPA assure la fourniture du matériel et la formation de ressources humaines pour des soins obstétriques d’urgence, des soins prénatals et des«accouchements sans risque» pour les femmes. L’Organisation a déjà ainsi assuré la livraison de 500 kits d’accouchement et 30 kits de césarienne, 2300 «kits de dignité prédisposés» (distribués aux femmes lors des consultations prénatales), et des «kits de prise en charge de viol». (PEP Kit). «11 cas de viols ont été pris en charge depuis décembre 2014» dans les hôpitaux de district de Mokolo et de Hina, le Centre de santé intégré de Gadala et le poste de santé du Camp, renseigne l’UNFPA. La formation de sages femmes et les services de planning familial ne sont pas laissés en marge.

Le Fonds organise par ailleurs pour les femmes et les adolescents des causeries éducatives sur la santé de la reproduction et la prévention des violences basées sur le genre.

Ces différentes activités bénéficient aussi bien aux réfugiés qu’aux personnes déplacées et populations hôtes de la région.