Jean-Pierre Nana Sandjong : Le prestataire devenu patron

Jean-Pierre Nana Sandjong : Le prestataire devenu patron

Outre la fourniture des pièces de rechange à l’entreprise depuis des années, le nouveau directeur général était également administrateur de celle-ci.

C’est au terme d’un du conseil d’administration extraordinaire tenu vendredi dernier à Yaoundé, que Jean-Pierre Nana Sandjong a été porté à la tête de Camair-Co. Il remplace ainsi l’homme qu’il a lui-même guidé sur le chemin de l’ascension au sein de cette entreprise entre le 14 juin 2013 jour où il a été nommé directeur général adjoint, et le 11 septembre de l’année éponyme, quand il devint directeur général plein sans adjoint.

L’actuel maire de Bazou dans le département du Nde, région de l’Ouest, est présenté comme un proche du secrétaire général de la présidence de la République Ferdinand Ngoh Ngoh, très redouté par le directeur général sortant pour sa capacité de manœuvre.

Prestataire de services à Camair-Co, Jean-Pierre Nana Sandjong est patron d’une entreprise de services aéronautiques basée à Douala qui a eu quelques soucis avec l’orthodoxie sur les marchés publics il y a quelques années. Devenu administrateur de Camair-Co à la suite du renouvellement du conseil d’administration, certains voyaient d’un mauvais œil le fait que ce fournisseur de pièces de rechange d’avions, soit également assis à la table du conseil pour débattre des orientations managériales de l’entreprise.

Fin manœuvrier, Jean-Pierre Nana Sandjong, selon des sources dignes de foi, fait également partie des personnes qui ont négocié la location des avions Camair-Co dont l’un est aujourd’hui immobilisé à Paris pour insolvabilité. C’est également lui qui a proposé la location d’un Boeing 757 à Camair-Co en fin d’année dernière en lieu et place du 777 d’Air India au Dg sortant. Une piste très vite abandonnée pour des raisons techniques.

L’époux de la chanteuse Grace Decca, aura du pain sur la planche. Il devra remettre à flot cette entreprise qui tourne à perte depuis son lancement, faire aboutir son plan de redressement qui prévoit la mobilisation d’un montant de 30 milliards de Fcfa auprès des banques locales et étrangères. Au-delà, il devra également rentabiliser l’entreprise, assurer son exploitation optimale avec l’acquisition de nouveaux aéronefs après l’échec de l’achat des deux Boeing 787 Dreamliner et du Boeing 777 d’Air India.

La dette astronomique de la compagnie devra être épongée en même temps qu’il faudra montrer des gages de confiance au gouvernement afin que celui-ci consente à libérer la subvention annuelle de 16 milliards de Fcfa accordée à la compagnie ; elle a été gelée pour des raisons de trésorerie tout au long de l’année 2013.

 

camernews-NANA-SANJo

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