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Jean Marc Bikoko : Dans les pays normaux on descendrait dans les rues

Jean Marc Bikoko : Dans les pays normaux on descendrait dans les rues

Le leader syndical revient sur l’attitude des camerounais face à l’augmentation du prix de transport.

Il y a diverses augmentations sur les carburants et sur les prix du taxi que vous inspire cette situation ?
Elles nous inspirent tout simplement la désolation du fait des effets inflationnistes qu’elles vont provoquer à travers le renchérissement de toutes les denrées de première nécessité.

C’est dommage que celles-ci ne soient pas soutenues par des mesures d’accompagnement substantielles qui pourraient être une bonne revalorisation des salaires, contrairement au 5% que le chef de l’Etat a consenti en faveur des fonctionnaires qui en fait ne constitue rien de plus qu’une méprise. Et c’est également un dommage pour les produits locaux qui, pour la plupart, viennent de l’arrière-pays où, du fait du manque des routes, l’accès aux marchés de consommation connaissait de nombreux problèmes et ces augmentations, les coûts des transports ont connu une flambée pas possible.

Je prends seulement le cas de Mfou la veille de l’augmentation, le transport était à 300 Fcfa hier on était déjà à 500fcfa vous imaginez ce que deviendront  les denrées qui viennent de ce coté de la République qui est ici à côté, qu’en sera-t-il de celles qui viennent des centaines de kilomètres ? Bref, nous avons essayé de protester dès le début parce qu’il ne s’agissait que d’un communiqué du secrétaire général du Premier ministre mais nous avons compris que c’est une volonté du gouvernement à travers l’ordonnance sorti sept jours plus tard par le président de la République pour rendre plus légale ces augmentations et c’est également dommage qu’elles ne correspondent pas à la demande sociale parce que si on dit que la démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple un certain nombre de décision devrait être prise pour répondre effectivement aux aspirations du peuple.

Que peut le consommateur face à cette flambée des prix du taxi et du carburant ?
Dans les pays normaux les consommateurs devraient descendre dans la rue. Mais comme le gouvernement conscient de la force de la rue a pris des dispositions de bâillonner le droit des manifestations publiques qui est reconnu aux populations. Donc, toutes les précautions policières et militaires sont mises à contribution pour que les enfants qui sont assommés par cette flambée, ne puissent même pas s’en plaindre ; elles ne peuvent rien dans le cas actuel du Cameroun. Des dispositions policières et militaires sont prises pour que personne ne puisse manifester.

Est-ce qu’il n’est pas à craindre une flambée et une pénurie des prix en fin d’année ?
En tout cas, les uns et les autres vont se battre pour accéder aux produits de consommation. Ce qui est à craindre c’est que les gens se soient battus pour atteindre les marchés pour ne trouver personne à acheter et à consommer. Parce qu’un dicton populaire dit «à l’impossible nul n’est tenu». Je ne vois pas comment quelqu’un qui n’a pas d’argent va réaliser un miracle pour en avoir ; il est donc à craindre une véritable crise parce qu’il ne peut pas avoir de croissance sans consommation.

 

 

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