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Incurie au sérail: Qui a volé le téléphone de l’ambassadeur de Suisse ?

Incurie au sérail: Qui a volé le téléphone de l’ambassadeur de Suisse ?

Plus d’une semaine après avoir perdu cet outil de communication, alors qu’il assistait au défilé de la fête de l’Unité au Boulevard du 20 mai à Yaoundé, le diplomate helvétique en poste à Yaoundé n’a toujours pas retrouvé son téléphone.

Dans le landernau politique camerounais personne n’a envie de commenter cette affaire. Même l’ambassadeur de Suisse au Cameroun, victime de cet acte ignoble de vol de son téléphone satellitaire, le jour même de la célébration de la fête nationale du Cameroun, en présence du chef de l’Etat, n’en fait plus vraiment écho publiquement. Pudeur diplomatique ? Certainement. Une douloureuse affaire en somme, révélée exclusivement par nos confrères de Mutations, dans leur édition de jeudi 22 mai 2014, et qui depuis, a terni l’image du Cameroun. « Nous sommes dans un pays de voleurs. Il y a de grands voleurs comme il y en a de petits. On vole les fonds publics. Comme on vole les téléphones portables dans la rue. Mais quand on va jusqu’à voler les téléphones de nos amis diplomates, en présence du chef de l’Etat, il faut dire que nous Camerounais, sommes devenus gravement inconséquents », commente le curé d’une paroisse catholique de la capitale.

Une haute personnalité du gouvernement, jointe au téléphone par Le Messager a tenté de banaliser l’incident. « Ce sont des choses qui peuvent arriver. C’est bien dommage que l’ambassadeur d’un pays ami comme la Suisse puisse perdre ainsi son téléphone. Surtout dans une cérémonie aussi importante que le défilé de la fête nationale. Mais on ne va pour autant pas grossir l’affaire comme les médias veulent le faire. Il y a plus important en ce moment au Cameroun.» Un diplomate africain, lui aussi joint au téléphone par Le Messager a lui aussi la même attitude.

Services secrets

Pourtant, l’affaire est plus que grave. Aussi bien dans la forme que dans le fond. Comme indiqué par nos confrères de Mutations, l’acte détestable s’est déroulé le jour du 20 mai 2014. L’ambassadeur de Suisse au Cameroun, selon notre confrère, se trouvait comme tous ses autres collègues ambassadeurs régulièrement accrédités auprès du pouvoir de Yaoundé, dans l’une des tribunes officielles, pour le défilé de la fête nationale du Cameroun. Alors qu’il s’est levé comme tous les invités présents à cette cérémonie, pour saluer le départ du chef de l’Etat à l’issue du défilé, il s’est rendu compte que son téléphone satellitaire, qu’il venait d’utiliser pour joindre son chauffeur, n’était plus en sa possession. Une fouille sur lui-même de gauche à droite. Rien. Questionnement rapide de ses voisins. Toujours rien hélas. Le téléphone ne sera pas retrouvé.

Du coup, on peut l’imaginer, le diplomate se montrera troublé. Et à raison. Si Le Messager n’a pas pu retrouver qui était les voisins directs de l’ambassadeur helvétique au Cameroun lors de cette grande parade au boulevard du 20 mai, il est évident que le protocole d’Etat qui a géré la cérémonie, l’a effectivement installé aux côtés de ses collègues diplomates accrédités au Cameroun. Peut-on vraiment imaginer, un seul instant, qu’un diplomate étranger, chef de mission diplomatique au Cameroun, (à moins d’être un cleptomane chronique) puisse ainsi se risquer à dérober le téléphone portable d’un collègue, à un moment aussi délicat ? Il faut donc aller voir. Dans cette tribune officielle où sont installés les diplomates lors du défilé du 20 mai, Il est quasi impossible que des badauds inconnus et non identifiés s’y approchent où s’y installent. Par contre, selon des habitudes bien camerounaises, des agents de sécurité peuvent bien y être établis. Ce sont soit des éléments de la sécurité présidentielle, soit des subordonnés des services de renseignements et des services secrets. On a l’habitude de les déverser lors des cérémonies officielles aux côtés des diplomates, très souvent pour les aider à entretenir la conversation lors du défilé, mais aussi pour les épier. Ces hommes au mental bien formaté, sont-ils donc capables de dérober un téléphone portable à un diplomate à un moment aussi crucial ?

 

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