Importation massive de sucre: SOSUCAM craint son asphyxie dès ce mois d’avril 2018

Si rien n’est fait pour réguler les importations de sucre et pour efficacement lutter contre la contrebande, la Société sucrière du Cameroun va être contrainte de suspendre sa production.

Les usines de la Société sucrière du Cameroun (SOSUCAM) notamment celles de Nkoteng et de Mbandjock dans la Région du Sud, croulent déjà sous le poids du sucre blanc et roux qui y est quotidiennement stocké. Rendu au 4 avril 2018 le total des stocks de la SOSUCAM est de 45 700 Tonnes (t) de sucre. Soit 13 000t entreposés à Mbandjock, 31 200t entreposés à Nkoteng et 1500t placés dans les entrepôts. Ce qui représente un peu plus de trois mois de consommation de cette denrée alimentaire au Cameroun. Pourtant d’après les chiffres obtenus à la Direction commerciale de la Société, on estime la consommation mensuelle nationale à 15 000t.

La Société ne passe pas par quatre chemins, pour faire savoir à l’opinion nationale, qu’il y a risque d’asphyxie pouvant entraîner à court terme, une cessation de sa production de sucre au Cameroun. La cause de cet état des choses fait savoir Jean François Ntsama le Directeur Commercial de la SOSUCAM, c’est tout d’abord les importations «massives» de cette denrée alimentaire. En parlant desdites importations, le Directeur commercial souligne qu’à l’heure actuelle, il y en a qui sont même pendantes au Port Autonome de Douala (PAD).

Dans le communiqué publié le 4 avril 2018 par la Société dans le quotidien national Cameroon Tribune, les administrateurs de SOSUCAM qui ont tenu un conseil d’administration mercredi dernier, indiquent que les importations relevant des quotas Comité interministériel de Régulation des Marchés (CIRM) datant de 2017 et qui sont normalement arrivés à terme en octobre 2017, se poursuivent encore. Ils notent la présence d’importations de sucres hors quotas CIRM. A ça il faut ajouter les sucres importés par certains industriels, des sucres granulés importés avec des avantages fiscaux et douaniers par les Aggloméries non transformés en morceaux et revendus à l’état. Depuis donc le 1er janvier 2018, 45 000t de sucre ont été importés au Cameroun.

Outre cette cause, le deuxième phénomène qui met en mal le fonctionnement de la SOSUCAM, c’est la contrebande qui semble poursuivre son bonhomme de chemin. SOSUCAM est ferme. Son fonctionnement dans les prochains jours va en prendre un grand coup. Si rien n’est fait, il y aura une incidence sur 8OOO emplois pour une masse salariale annuelle de 14 milliards de FCFA et les impôts y afférents. Une situation que ne devait pas connaître SOSUCAM qui est en ce moment campagne, souligne Jean François Ntsama.