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Il est à Craindre que Yaoundé ait un jour à emprunter de l’argent à un pays tel que la Guinée équatoriale

Il est à Craindre que Yaoundé ait un jour à emprunter de l’argent à un pays tel que la Guinée équatoriale

Les discours les plus contestataires, les plus virulents à l’encontre du système Biya se sont transformés en incantations sous le poids des bouteilles de bières. J’ai vu  des familles se disloquer à cause des sacs de riz, bouteilles de bières à la venue d’un haut cadre du RDPC dans un village; J’ai vu des membres de ce parti politique, puant d’alcool en train de saboter les initiatives des forces de l’opposition à Douala.

Comme moi, vous avez subi toutes ces désillusions. Vous avez entendu dire que la jeunesse est sacrée, mais vous avez récemment vu des étudiants saoulés à Yaoundé dans les salles réservées à l’élection du renouvellement des organes du RDPC ; Vous avez entendu dire que le Cameroun est un et indivisible; Vous avez lu que l’Etat assure à chaque citoyen la protection, la justice, la sécurité et l’accès à la propriété.

Ces beaux principes qui ont bâti les grandes démocraties mondiales sont foulés au pied depuis des décennies par des politiques avides de pouvoir et de postes mirobolants. Ironie du sort, ce sont toujours les mêmes qui parlent, qui décident, qui blessent depuis 33 ans qu’ils sont au pouvoir.

Vous avez assisté récemment à la dernière édition de la coupe du Cameroun de football. Pour ceux d’entre vous qui sont dans la cinquantaine, regardez les images de la tribune présidentielle. ce sont les mêmes visages depuis 1982. Il est bien vrai les absents se trouvent en prison ou au delà.

Les hommes qui animent le landernau politico-pouvoiriste ou pèsent sur la vie politique du Cameroun sont toujours ceux qui, déjà, jouaient un rôle majeur sous ce même régime fatigué depuis 1982. Ce qui explique l’indifférence de nombre de Camerounais. Si c’est toujours le même topo, à quoi bon s’y intéresser?

L’eau et l’électricité ; la route et des ponts ; les écoles et universités, les soins de santé dignes….un minimum que l’on a sacrifié sur l’hôtel des ambitions personnelles.

A l’Extrême-Nord, Boko Haram dicte sa loi avec des attentats divers, des milliers de population ont abandonné leur domicile dans cette partie du territoire camerounais à cause de l’insécurité. Ce qui choque, comment ne pas s’indigner quand on sait que Paul Biya ne s’est jamais rendu à l’Extrême Nord du Cameroun pour réconforter les soldats et les populations.

Est-il possible que le Cameroun libère au Nigeria 900 otages et tuent 100 terroristes sans image ni témoignage ? Les camerounais l’ont appris avec un mélange de soulagement et de réserve. Mais, bon, ce sera l’objet d’un débat ultérieure

Au-delà de tous ces enjeux sécuritaires, il y en a bien d’autres, plus économiques, où le Cameroun peut jouer un rôle déterminant dans le giron de l’Afrique. Il s’agit, notamment de la gestion de l’eau, des ressources naturelles. Le Cameroun, qui dispose d’un important potentiel hydrographique, ne peut s’aligner éternellement derrière la liste des pays pauvres très endettés. La forêt reste aussi un terrain sur lequel le Cameroun peut encore faire valoir ses droits. Quand on sait que le pays peine à trouver son compte dans le secteur minier, malgré le boom de ces dernières années.

Voilà des questions sur lesquelles l’Afrique en particulier, et le monde, en général, attendent voir le Cameroun  porter haut sa voix. Malheureusement, à Yaoundé, on reste aphone. Et la classe politique qui devait soulever un débat national autour de ces différentes questions a les yeux braqués ailleurs. La conservation du pouvoir, pour les uns et la conquête du pouvoir pour les autres dictent désormais les mœurs de la classe politique. Tout ce qui n’entre pas dans ce schéma est relégué au second plan.

Le “Biyaïsme” repose sur le partage du gâteau, le saucissonnage du pouvoir, l’emprisonnement de ceux qui pensent à remplacer Biya, la corruption, le népotisme, le vol, la recherche du luxe, le musellement de l’opposition. En fait, rien n’a vraiment bougé au Cameroun depuis 1982. Bien sûr, Paul Biya parle de quelques ambitions novatrices mais…..pour 2035, quand lui même ne sera sûrement pas en vie.

Les cadres des années 1980 ont géré le pays pendant des décennies, sans jamais peser sur le décollage économique du cameroun. Ils se sont contentés de pratiquer la politique du ventre.

Aujourd’hui, le Cameroun souffre de la comparaison avec ses voisins immédiats. Au regard du passif en matière de gestion des deniers publics, il est à craindre que Yaoundé ait un jour à emprunter de l’argent à un pays tel que la Guinée équatoriale.( A suivre)

 

 

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