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Hymne de la CAN féminine 2016: «On se perd dans des rimes inclassables qui nous éloignent émotionnellement du sport», déclare Joseph Owona Ntsama, critique d’art musical

Hymne de la CAN féminine 2016: «On se perd dans des rimes inclassables qui nous éloignent émotionnellement du sport», déclare Joseph Owona Ntsama, critique d’art musical

Dans l’entretien qu’il a accordé au quotidien Mutations, Joseph Owona Ntsama se prononce sur la controverse autour de l’hymne de la Coupe d’Afrique des Nations de football féminine 2016.

C’est un secret de polichinelle au Cameroun. L’hymne officiel de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football féminine 2016 ne fait pas l’unanimité chez les Camerounais. Son rythme est l’élément avancé pour justifier le refus d’aucuns. Interrogé sur ce sujet, Joseph Owona Ntsama, critique d’art musical, s’est prononcé au cours d’un entretien avec nos confrères de Mutations sur cette controverse.

A la question de savoir si l’hymne présenté le 18 septembre dernier au Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé cadre avec un évènement sportif, Joseph Owona Ntsama répond: «je crois surtout que c’est un travail qui incombe à des professionnels de la musique, à des experts avertis de la chose ! L’hymne de la CAN (dans le cas où on le mettrait en paroles) devrait célébrer les vertus du sport en général et celles du football anglais en particulier, et non se noyer dans un lyrisme juvénile, littéralement à l’eau de rose, où l’on se perd dans des rimes inclassables qui nous éloignent émotionnellement du sport, parce qu’elles célèbrent la verdure, le climat ou des qualités propres à un individu».

Concernant le nom du Président de la République qui revient dans ce chant, le critique d’art musical déclare que «la relation politique étroite entre le sport et notamment le football anglais et la politique ne date pas d’aujourd’hui ! Quelqu’un comme Norbert Elias a longuement travaillé sur la question. Et si vous regardez l’histoire de ce sport notamment en Afrique, vous verrez qu’il fût lié de manière intime à la politique. La sublimation s’est davantage renforcée avec cet élément esthétique qui retient immédiatement l’attention du public, ce que votre question prouve par ailleurs à suffisance ! Et c’est ce qui gêne. On est en présence d’une entreprise de subjugation collective susceptible de servir le politique».

 

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