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Grogne à l’Assemblée nationale: Sans salaires, des députés assiègent l’agent comptable

Grogne à l’Assemblée nationale: Sans salaires, des députés assiègent l’agent comptable

Las d’attendre le salaire qu’ils sont supposés avoir «touché » depuis une dizaine de jours, agacés par les dotations de véhicules et carburant qui ne viennent toujours pas, des députés sont allés faire savoir leur colère et mécontentement à l’agent comptable au 3ème étage du palais des verres de Ngoa-Ekele.

Las d’attendre le salaire qu’ils sont supposés avoir «touché » depuis une dizaine de jours, agacés par les dotations de véhicules et carburant qui ne viennent toujours pas, des députés sont allés faire savoir leur colère et mécontentement à l’agent comptable au 3ème étage du palais des verres de Ngoa-Ekele.

Hôtel des députés, hier jeudi. Il est un peu plus de 14 heures 30 minutes. Le site qui, continuellement grouille de monde (pendant les périodes de sessions parlementaires ou non), est presque vide. Pas l’ombre d’un « honorable ». En contre-bas où se trouvent : le bar, le balcon et le restaurant, des espaces qui s’apparentent aux salles d’attente des députés, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. « Les rares députés qui séjournent à l’hôtel, se sont repliés dans leurs chambres où ils ruminent leur colère et indignation, à cause du salaire mensuel du mois de janvier qui n’est toujours pas payé» lance le secrétaire particulier d’un député. Visiblement indigné. Selon des sources dignes de foi, il y a des députés qui ont l’âme en peine, le cœur brisé et la désolation au comble. « Nous percevons le salaire, tous les 25 du mois. Beaucoup parmi nous, en provenance de tous les coins et recoins du pays, avons fait le déplacement de Yaoundé, pour quelques heures ; le temps de toucher le salaire. Voici bientôt une douzaine de jours que celui-ci n’est pas viré» s’indigne un député.

« L’ambiance est pesante et explosive ; le désenchantement affligeant et écœurant. Nous avons tout fait à notre niveau, mais sans donner des explications crédibles, le ministère des Finances n’a pas décaissé l’argent pour payer les députés et même les employés en service à l’Assemblée nationale» confie une source bien introduite à la direction des affaires générale. L’on comprend pourquoi depuis lors, les députés piaffent d’impatience et expriment leur courroux. Il n’y a pas que le salaire du mois de janvier qui fait l’objet d’une longue attente. Les élus du peuple attendent également les frais de dotation en véhicules et carburant qui auraient du être payés depuis la session de plein droit. Comme sur le dossier des salaires, sur celui-là aussi, le ministère des Finances n’a pas libéré de l’argent requis. «Nous végétons et survivons comme des oisifs. En l’absence de la bouffée d’oxygène que représente le salaire, on est obligé de vivre caché. Heureusement qu’ici à l’hôtel des députés, on peut manger et faire manger; en estampillant simplement au bas de la note» confie un élu de la nation.

Sit-in chez l’agent comptable

Impuissants et indignés, des députés ont assiégé le bureau de l’agent comptable à qui, ils ont dit leur mécontentement et désarroi. Pris comme souffre douleur, ce dernier a eu du mal à trouver des mots justes, pour se tirer d’affaire. « L’agent comptable ne peut pas vous recevoir. Il dit qu’il est très occupé » lance Valérie en plein visage du reporter du Messager, parti en savoir davantage sur l’indisponibilité des salaires des élus de la nation. Le visage buriné et le regard fuyant, le personnel du ministère des Finances en détachement au poste d’agent comptable, à l’Assemblée nationale, non plus, n’a pas des réponses au retard de salaire. Dans ses va et vient entre son bureau et le secrétariat, transformé en restaurant, on l’entendait répondre au téléphone : « Je suis encore en train de chercher de l’argent… Honorable».

Alors que dure l’attente, les langues se délient. Certaines sources pensent qu’en grattant le verni, il y a là une volonté manifeste de pourrir la vie et le mandat du président Cavaye Yégué Djibril. « En faisant mousser la colère et la grogne des députés, l’on accentue le malaise et la pression enfle davantage. Les débordements et les risques de soulèvement que la situation peut provoquer, sont de nature à faire douter ou même à porter un coup au président de l’Assemblée nationale dont le maintien au perchoir ne tient que sur un fil. Si on agace les députés, leur vote devient incontrôlable» explique un député. Comme lui, il y a d’autres élus de la nation qui craignent et redoutent le péril dans les prochains jours. «Si les caisses sont vides et que l’on ne peut pas parvenir à payer le salaire et les arriérés des indemnités, la situation va aller s’aggravant parce que d’ici peu, on serait rendu à la session délicate de tous les enjeux, du mois de mars. Tout peut alors arriver… », souligne une source en service à la direction des affaires générales. Ce qui renforce la crainte des députés sur des lendemains qui déchantent.

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