Gabegie : Yaou Aïssatou au Tcs

La directrice générale de la Sni devra s’expliquer ce jour de la gestion financière et foncière d’un programme Agropoles.

MM. Tsimi Evouna et Evou Mekou également indexés dans le même dossier.
La directrice générale de la Société nationale d’investissement (Sni), Yaou Aïssatou, est attendue ce lundi au Tribunal criminel spécial (Tcs) de Yaoundé. Si l’objet de la convocation n’a pas été révélé, des sources introduites ont toutefois indiqué que la non moins présidente de l’Organisation des femmes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Ofrdpc, au pouvoir) devra répondre de sa gestion – financière surtout – liée à des projets de son portefeuille. D’autres administrateurs de la société publique, porteuse des actions de l’État dans plusieurs entreprises aussi bien privées que publiques, devraient également faire l’objet d’auditions devant la même cour, les noms les plus cités étant ceux de Gilbert Tsimi Evouna et Dieudonné Evou Mekou, respectivement délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) et directeur général de la Caisse autonome d’amortissement (Caa).
Objet depuis plusieurs mois d’enquêtes du Contrôle supérieur de l’État (Consupe), ces trois personnalités auraient aussi, apprend-on, été au cœur d’une lettre de dénonciation d’un partenaire dans le cadre du Programme de reconversion économique de la filière banane plantain (Prebap), officiellement lancé le 31 décembre 2004. Il s’agit donc, pour les enquêteurs du Tcs, de mettre les mis en cause face aux données accumulées en vue de la manifestation de la vérité.

Le dossier Prebap mettrait en jeu une vingtaine de milliards de francs, qui aurait emprunté des chemins de traverse. A titre de rappel, la directrice générale de la Sni est l’ordonnateur du budget de fonctionnement de l’équipe technique de pilotage, arrêté en recettes et en dépenses d’accords parties et annexé au budget de sa société. Yaou Aïssatou doit ainsi expliquer les présumés tripatouillages constatés dans ledit projet, financé en grande partie par des partenaires au développement et dont des sources introduites signalent des détournements massifs.
Si la présence à la barre de la directrice générale de la Sni, en poste depuis septembre 2003, est considérée comme acquise, il n’en va pas de même des deux autres administrateurs sus-cités. Il est en effet de notoriété publique que Gilbert Tsimi Evouna, déjà convoqué au moins deux fois pour d’autres affaires de gestion suspecte à la Cuy, a avec ostentation refusé de déférer aux assignations des juges du Tcs, expliquant que seul le président Biya pouvait l’autoriser à s’y rendre. Quant à Dieudonné Evou Mekou, il se prévaudrait de liens de famille avec le même chef de l’État pour narguer les magistrats.