Fabienne Diouf parle de ses projets, de ses souvenirs, de son père, Abdou Diouf…

Fabienne Diouf Guillabert est une passionnée des médias, même si elle n’aime pas du reste se mettre sous le feu brillant des projecteurs. La fille aînée d’Abdou Diouf parle de sa flamme pour les médias qu’elle critique en passant, mais aussi lève un coin du voile sur sa vie alors qu’Abdou Diouf était président de la République. Elle parle de Dakar des années 60 et 70, l’ambiance de la ville à l’époque, ses charmes, se promène jusqu’à Saint-Louis où elle aimerait bien passer une retraite qu’elle ne compte pas prendre. Fabienne Diouf Guillabert évoque d’autres sujets comme l’environnement, les enfants, les Sénégalais et les rumeurs. En toute liberté !

Parlez-nous du nouveau magazine que vous venez de lancer “Emergence économique” ?

Alors, les deux premiers numéros seront trimestriels et à partir de janvier 2016, le magazine sera mensuel. Il paraîtra en deux versions, une française et une autre anglaise.

Et comment est né ce projet ?

Il faut dire que je ne suis pas dans le monde journalistique. Le projet est en vérité la réponse à des expériences vécues. Suite à de nombreux voyages, j’ai fait un constat. A chaque fois que je voyage dans un aéroport ou un pays européen, étranger ou même africain, j’ai régulièrement entendu des gens fustiger un de nos pays. C’était la diabolisation de notre continent. Ça me faisait un peu mal quand même d’entendre cela parce que cela devenait récurrent. Et je me suis dit qu’il était bizarre qu’on n’ait pas un magazine, une émission, un cadre organisé qui prenait la défense de nos pays et qui montrait nos valeurs propres. Des valeurs que nous Africains nous connaissons et respectons. C’est vrai que maintenant, je vois que les gens s’organisent mieux pour défendre leur identité propre, leur image. Mais à l’époque, il n’y en avait pas. Donc, ce que j’ai voulu faire passer comme message, c’est qu’en Afrique, il y a peut-être Ébola, Boko Haram mais il y a aussi autre chose. On ne peut pas parler de l’Afrique en évoquant seulement la pauvreté, les épidémies, la corruption, la mal gouvernance, etc. Et personne ne réagit. C’est la dévalorisation des civilisations de nos pays. J’ai commencé à réfléchir pendant quelques mois et je me suis demandé ce que je pourrais faire en direction de cette Afrique-là que je connais pour la faire découvrir à ceux qui s’intéressent à elle. La belle Afrique, pleine de couleurs, de son, de vie, d’initiatives nouvelles etc..

Vous venez de sortir un premier numéro. Sentez-vous avoir répondu à une demande exprimée ?

Le magazine est panafricain. Il est forcément très sollicité avec un lectorat divers, des thématiques diverses aussi et complètement abordées. Tous les pays francophones sont concernés. A partir de janvier 2016, nous comptons élargir en allant vers des pays anglophones, lusophones, etc. Nous avons interviewé si vous avez remarqué un monsieur qui s’appelle Victor Hematoyé qui est le patron de Nollywood. Nollywood fait partie maintenant du paysage cinématographique africain.

Mais vous interrogez votre père qui est à la Une du magazine. On peut vous reprocher à juste titre de privilégier la famille…

On peut penser que je fais du népotisme, ce qui n’est pas le cas. Vous savez vous-même que mon père est un homme de valeur. Je ne le dis pas parce que c’est mon père. Qu’on le reconnaisse ou qu’on ne le reconnaisse pas, on sait qu’il a des valeurs. Il se trouve qu’au moment où j’ai décidé de sortir mon journal, il y avait tous les phares braqués sur le Sénégal. Il y avait en ce moment-là le départ de M. Diouf de l’Organisation internationale de la Francophonie pour une retraite définitive. C’était une actualité très forte. On s’est dit : puisque nous avons les phares, au lieu de chercher quelqu’un d’autre, une personnalité reflétant l’émergence aujourd’hui, pourquoi pas lui (…) ? J’ai reçu beaucoup d’appels de gens me disant “oui, c’est ton père”. Je réponds, “exact, il s’agit de mon père mais il s’agit aussi d’un focus qu’il y avait sur le Sénégal en ce moment-là.

Et lui, comment a-t-il apprécié cela ? Etre à la Une d’un magazine appartenant à sa fille ?

Il l’a pris naturellement et comme il est, sans problème.

Vous êtes restée très discrète ces dernières années. Pourquoi sortir de l’ombre maintenant seulement ?

Parce qu’avant, j’étais très prise par d’autres activités. Je fonctionnais pour ça, mon domaine de compétence. Je n’ai jamais fait d’école de journalisme. Je n’ai jamais rien fait dans ce sens-là. Mais je me suis rendue compte qu’il y avait une dévalorisation de l’Afrique et je me suis demandé : Quelle contribution je peux apporter à un certain âge au moment où je me désengageais de mes activités ? C’est surtout cela ma préoccupation.

Votre fibre, disons panafricaine, commence-t-elle donc à se réveiller ? Non ?

Elle a toujours été là mais j’avais une obligation de réserve liée à la fonction de mon père qui nous demandait de ne jamais accepter de rentrer dans la politique ou de nous exprimer publiquement.

Votre père vous a demandé cela ? C’est une manière de mettre un bémol sur votre carrière, non ?

Notre père nous demandait d’éviter d’incarner quelque chose à côté de la République. C’était pour éviter une certaine confusion. C’est lui qui était public, pas nous ses enfants. C’était donc à lui de faire ce qu’il avait à faire, de communiquer, etc. Nous, nous sommes ses enfants, allons donc dans d’autres domaines. Cela ne veut pas dire que je me croisais les bras. Moi, j’ai toujours eu un engagement clair. Vous savez, très jeune ici au Sénégal, je faisais partie des grévistes avec nombre de familles connues. Au lycée Van Vo (actuel Lamine Guèye), j’étais connue pour ça. J’ai toujours eu un engagement très clair. J’étais une dirigeante de grèves. Pour la petite histoire, lors des conseils des ministres, le Président Senghor disait : “il y a des enfants de ministres qui font des grèves. Mon père était persuadé que je n’étais pas dedans. Pourtant, il connaissait mon caractère révolutionnaire déjà très jeune. Mais, je n’ai jamais voulu le mettre mal à l’aise. C’est pourquoi je suis restée malgré tout réservée…

C’est maintenant que vous sortez de votre cocon, si on peut l’exprimer ainsi ?

Oui, on peut dire que c’est aujourd’hui que j’accepte d’être visible. A l’époque, personne ne me connaissait. Des fois, les gens posaient sur moi un autre visage. Vous savez, on me fait arrêter dans la rue des fois en me disant : “C’est vous Fabienne Diouf, je vous imaginais plus grande ou plus grosse ou plus noire.” Je n’ai jamais voulu me mettre au devant de la scène. Mais, ça m’amuse bien.

Cela ne vous gêne donc pas de rester dans l’anonymat ?

Ah j’adore, j’adore ça parce que cela me donne une liberté entière. Une liberté de me déplacer pour aller quand je veux où je veux sans être indisposée. Je suis partout. Je vais dans les restaurants, je vais aux concerts etc.

Vous étiez au festival de Jazz de Saint-Louis ?

J’y étais. Bien masquée avec ma casquette, mais j’y étais bien. Je sais passer inaperçue. Je sais me fondre dans la foule.

Quand vous jetez un regard dans votre passé, quelle appréciation faites-vous ?

Moi l’appréciation, c’est que d’abord pendant des années, j’avais une obligation de ne pas réagir. J’étais diabolisée au sens propre du terme. “Fabienne Diouf ceci, Fabienne Diouf est cela”. Sans me connaître, les gens se sont mis à fantasmer sur ma personne et à dire des choses qui ne correspondaient pas du tout à la réalité.

Comme ce que Karim Wade a vécu…

Mais lui a été ministre. Moi, je n’ai jamais été ministre. Moi, on me reprochait d’avoir le riz au Sénégal, ce que je n’ai jamais fait. On me reprochait d’avoir des marchés au Sénégal. D’être dans des affaires où je n’avais jamais mis les pieds. Il y a des affaires que j’ai faites au Sénégal, mais je n’étais pas dans celles où on m’annonçait. J’avais par exemple une agence de voyage que j’ai faite avec un Sénégalais. Nous avons arrêté ensuite. Ensuite, j’ai commencé à faire mes activités à l’extérieur. Donc, ce qu’on me reprochait au niveau national, c’était inventé. Mais je n’avais même pas la possibilité de réagir ou d’infirmer les déclarations qui étaient faites contre moi. Voilà !

Vous l’avez mal vécu ?

C’est la seule chose qui m’embêtait. En plus, ça a commencé alors que j’étais très jeune. J’avais 17 ans. Alors quand j’étais là au lycée Van Vo (actuel Lamine Guèye) et que je me retrouvais à la tête d’un magazine qui se dit magazine libre, Promotion, à l’époque. On dit “Fabienne Diouf : milliardaire”. En disant de moi que j’avais sept bateaux.

Les pieds dans le plat, que pensez-vous des Sénégalais ? Rumorivores ?

Tout à fait… Elle insiste. Tout à fait…

Un peu comme les Français ?

Vous savez hein, on a beaucoup pris des Français… Nous fonctionnons comme eux.

Vous continuez toujours à aimer ce pays ?

C’est mon pays. Je suis sénégalaise et fière de l’être d’ailleurs. J’aime mon pays. Je veux contribuer au développement de ce pays-là. On ne m’appelle pas, mais ce n’est pas grave. Mais je pense que j’ai pas mal de choses à dire. Je n’ai pas mal d’expériences qui pourraient aujourd’hui valoriser certaines actions des décideurs.

Des fils de chefs d’Etat n’ont pas cette chance-là d’aller et de venir dans leur pays. S’ils ne vont pas en prison, ils disparaissent en même temps que les parents et ne reviennent plus…

Ça, c’est une chance. Moi, j’ai des frères et sœurs qui sont ici. Nous sommes tous à Dakar, dans la rue, dans les restaurants ou en boîtes de nuit, dans des mariages. Nous avons une vie sociale très claire, très nette avec ceux qu’on aime et ceux qu’on a envie de voir. Comme tout le monde, on a des obligations familiales et sociales. Voilà !

Peut-on imaginer vous voir dans autre chose demain, dans la politique par exemple ?

Non, non, j’ai fait une promesse à mon père et je la tiendrai : c’est de ne pas faire de la politique. Un politicien dans la famille, c’est suffisant au vu de ce qu’on a vécu.

C’est-à-dire ?

On n’a pas beaucoup vu notre père. Il travaillait à 7h 30 mn du matin, il rentrait à 13h et repartait à 14h 30 pour rentrer à 21h. On a vécu avec cet homme, pendant toute notre vie, qui se donnait à fond. Je trouve qu’après, au final, on se rend compte qu’il n’y a vraiment pas… (elle hésite)… le rendu. Il y a des personnes qui sont restées honnêtes et sincères. Il y a plein de gens qui ont lâché le navire.

De la trahison ? On a l’impression que vous portez en vous-même beaucoup de choses de votre père ? Vous partagez ses déceptions ?

Oui, il y a des déceptions que nous avons vécues ensemble évidemment. Les déceptions politiques, je ne les connaissais pas. On ne va pas dire certaines personnes qui l’ont trahi. On va juste dire certaines personnes qui ont quitté le navire. Ce sont des gens qui partent et qui ont leur libre arbitre aussi. Mais lui l’a ressenti peut-être difficilement et moi avec lui puisque je suis d’abord l’aînée et je vivais au quotidien avec lui. Quand il a quitté, j’étais là et je l’ai vu des fois être étonné. C’est pour cela que je dis que la politique ne m’intéresse en rien (… ). Si j’avais voulu, j’aurais pu faire de la politique parce que je suis un enfant de la politique. C’est-à-dire que j’ai vu la politique au début, la construction de cet Etat. J’étais toute jeune. Mais je n’ai jamais voulu et mon père m’a demandé de ne jamais en faire et je l’ai écouté.

C’est un empire médiatique qui vous fait rêver. Vous êtes une passionnée des médias. . .

Exactement ! C’est ça mon ambition. Je veux avoir un groupe de presse qui va influer positivement et donner l’information juste et claire et en temps réelle. Moi, je ne suis pas là pour déformer, inventer des choses mais plutôt pour donner la bonne information. Et si je sais que c’est une information qui peut blesser, choquer, faire mal ou qui est tronquée, j’évite alors de la donner. Une information dont je ne suis pas sûre, je ne la donnerai pas.

Vous êtes critique avec les médias…

Evidemment, avec les médias, il y a plein de dérives, tout le monde le sait. Je crois qu’il va falloir une reconstruction. Avant, il y avait une entité journalistique sérieuse. Mais maintenant, pour moi, excusez-moi de le dire, c’est un peu délétère. Les gens écrivent ce qu’ils veulent. Ils prennent une partie d’un article ou parle d’un scoop qui n’a rien à voir avec ce qui a été dit. Vous rentrez dans les notions de vie intime. Une vie privée peut être extériorisée mais maintenant c’est la vie intime qui est extériorisée. Maintenant, je dois avouer qu’il y a des choses que je n’écoute pas et que je ne regarde pas. Ça permet d’être tranquille. J’axe mon regard là où j’ai envie.

A part le journalisme, que faites-vous exactement ?

J’ai mon agence. J’aime ça et ça fait partie de mes dadas. J’ai “Signare Dakar” qui est une boutique et je travaille avec des artisans depuis longtemps. Des artisans-bijoutiers que j’ai pris dans mon atelier et nous faisons l’art de la table que nous vendons. Nous produisons tout au niveau national. Des produits magnifiques et de haut de gamme. Nous avons même des boutiques de gamme alternative avec des produits vendus un peu partout. A Saint-Louis, j’ai une maison d’hôtes. Je suis “activitaire” pas activiste mais “activitaire” parce que j’aime faire beaucoup de choses. Quand quelque chose me mobilise, j’essaie d’aller jusqu’au bout. Des fois à tort.

Vous aimez Saint-Louis, vous portez Saint-Louis en vous…

Pourtant, pendant longtemps je ne comprenais pas ce que les gens pouvaient apprécier à Saint-Louis. J’étais une bonne Dakaroise de Dakar. Pour moi c’était Dakar, Dakar, Dakar, du Plateau plus exactement.

Petite citadine, sectaire ?

Mais il y avait beaucoup de groupuscules à Dakar dans les années 60. Des gens du Point E, de Fann, du Plateau etc. On se retrouvait tous ensemble quand il y avait des invitations. J’étais branchée à l’époque, mais attention ! Pas sectaire… J’ai des amis de partout…

Dites-nous, Dakar, de votre temps, c’était comment ?

Une ville magnifique, pleine de charme. Il y avait un bon brassage culturel entre Libanais, Cap-Verdiens, Ivoiriens. On allait au Lac Rose, il y avait beaucoup de Salsa, Pathianga, avec le Kings etc. C’était une ville magnifique, une ville pleine de charme et qui bourdonnait d’activités. On se rencontrait. C’était des booms, des nuits blanches, des boîtes de nuit. On sortait de Dakar pour aller au Lac Rose. On découvrait progressivement notre pays. Il y avait beaucoup de salsa, beaucoup de pathianga. C’était l’époque où on pouvait marcher dans Dakar, faire du roller. On allait en boîte et rentrait après en “car rapide”. On n’avait pas de voiture ni de chauffeur. On rentrait en “car rapide” avec nos amis étant fille de Premier ministre. C’était tout simplement bien. Voilà !

Vous avez pris des “cars rapides”, étant jeune, fille de Premier ministre ?

Oui, j’en ai pris.

Si vous devez comparer cette vie à Dakar à la vie actuelle

Il n’y a pas de vie sociale pour les enfants. On est obligé de les surveiller. Ils n’ont plus d’espace de plaisir. A l’époque, on allait sur les plages. Avant, toutes les plages de Dakar étaient accessibles. Maintenant, tout est pris. Avant, il y avait le zoo de Hann. On pouvait y organiser des Pique-niques ou à Ngor ainsi qu’à l’île de Gorée. Aujourd’hui, il n’y a plus rien. Vous restez dans Dakar aves ces immeubles qui se construisent, dans la pollution, détaché de la nature. D’ailleurs moi, je m’engage pour l’environnement. J’en profite pour en parler : c’est la récupération des sachets plastiques. Devant chaque ville que je traverse ici, je vois un coin. A l’instar de ce que font des organisations au Burkina Faso, les femmes sont entreprenantes. Elles font le ramassage, la collecte, le tri et elles font avec après des pavés, des habits, des sacs, des meubles. C’est ça mon prochain projet.

Votre cœur a migré vers Saint-Louis…

Saint-Louis, c’est la vie de mon cœur maintenant. On est de Dakar, c’est la ville où je suis née, où j’ai mes accointances. Mais maintenant, le choix de vie, si je devais partir à la retraite, c’est Saint-Louis. C’est plus tranquille. Vous avez une notion, une relation qualitative avec la ville. La population n’est pas aussi agressive que celle de Dakar. C’est le tempérament “ndar ndar”. Je pense prendre ma retraite bientôt après avoir mis en place tout ça. Je vais passer le relais aux enfants.

Vous ne donnez pas l’impression de quelqu’un qui prépare sa retraite

Je vous dis je ne pourrai jamais me poser. Pour moi, la retraite, ce n’est pas se poser, lire et faire du jardinage. Ça, ce n’est pas moi. Ma retraite, c’est continuer d’avoir des idées et de les développer. Mais ne pas être aussi active.

Vous avez des rêves que vous voulez réaliser ?

Mes rêves, c’est de voir mon pays émerger, de donner la possibilité à nos enfants de vivre dans des pays émergents. Mais des pays qui vont développer un environnement stable, durable pour eux, de voir nos enfants pouvoir se baigner, consommer de l’eau potable, avoir accès à l’éducation, à la santé. Tant qu’on n’aura pas eu ça de manière générale dans le pays, on aura un manque.

Si vous devez donner des conseils aux Sénégalais de façon générale et aux fils du Président en particulier ?

Elle bondit de son siège. Non, non, je n’ai aucun conseil à donner aux fils du Président. Non, non, Il y en a qui sont dans des cabinets d’affaires (…). Moi, la seule chose que je peux dire aux Sénégalais, c’est de croire en leur pays, qu’on essaie de fédérer nos actions. Qu’on essaie de continuer comme ça. Il faut pousser et éviter d’attendre tout de l’Etat. Ça ne coûte rien de balayer devant chez soi. Des fois, on passe et on voit un sac poubelle contenant je ne sais quoi et personne ne l’enlève, pourtant vous voyez une personne assise devant la porte.

Vous croyez en l’émergence de l’Afrique ?

Bien sûr, j’ai fait des pays africains et je peux vous assurer qu’en dix ans, beaucoup de choses ont été faites.

Au Sénégal, vous pensez qu’il y a assez de rupture ?

Je pense qu’aujourd’hui, nous avons des dirigeants qui, comme le maire de Dakar ou comme notre Président, sont des personnes qui ont l’air de casser les stéréotypes, qui ont l’air de casser tout, pour arriver dans cette émergence qu’ils ont prônée. Ce n’est pas évident parce qu’il y a des choses ancrées dans leur rigidité. Mais je pense qu’on y arrivera.

Vous ne semblez pas trop optimiste…

Disons que je suis réaliste. On voit des réactions, des positionnements qui évoluent. On voit une société civile qui s’active, qui en a envie, qui se motive, qui a envie d’aider. Ça, c’est déjà pas mal. On n’attend plus maintenant. On est tous là. Prêt à aider.

De nouvelles de votre papa et de votre mère

Ça va, ils vont bien. Mon père est content d’avoir pris sa retraite. Il est devenu le chevalier-servant de son épouse, ma mère, qui va bien aussi. Elle a été un peu malade mais ça va beaucoup mieux. On prie pour qu’elle aille mieux et qu’avec son mari, ils puissent profiter au mieux de cette retraite qu’ils méritent bien.