Extrême-Nord: comment restaurer la sécurité alimentaire

Le déficit céréalier en hausse cette année de 70 000 tonnes. Le gouvernement a fait le point de l’aide alimentaire du chef de l’Etat vendredi à Yaoundé.

La région de l’Extrême-Nord reste sous la menace de l’insécurité alimentaire. Et pour cause ! « La situation pluviométrique est catastrophique par rapport à l’an dernier et le déficit céréalier 2015 est estimé à presque 200 000 tonnes, contre une insuffisance de 130 000 tonnes enregistrée en 2014 ». Des explications de M. Abakachi, ingénieur agronome économiste, par ailleurs, délégué régional de l’Agriculture et du Développement rural de l’Extrême-Nord. Cette source souligne que la situation est davantage alarmante du fait que les départements affectés par l’insécurité qu’impose Boko Haram (Mayo-Sava, Mayo-Tsanaga et Logone-et-Chari), sont les plus arrosés de la région en ce moment. Alors que les bassins de production ne sont pas mis en culture, vu que les populations ont quitte leurs villages. Comme si cela ne suffisait pas, les trois autres départements de la région (Mayo-Danay, Mayo-Kani et Diamaré) en guerre font face à la rudesse du climat. « Du coup, il y a les deux tendances inverses qui aggravent la crise alimentaire. Les appuis et autres dons ne suffisent plus à compléter le gap et la ration alimentaire se limite aujourd’hui à un seul repas par jour », regrette le délégué régional. Il était le représentant du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord vendredi dernier à Yaoundé, dans la réunion du Comité de supervision de la gestion des menaces de crise alimentaire dans la région susmentionnée.

Les travaux du comité en question, conduits par Essimi Menye, ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), se sont déroulés à huis clos. Au sortir, le Minader rappelle que « cette réunion visait à faire le point des instructions du chef de l’Etat, visant à prendre des dispositions pour assurer la sécurité alimentaire des populations victimes des effets de la guerre à nous imposée par la secte Boko Haram ». Il en ressort qu’une première distribution de denrée alimentaire a été faite en mars 2015 et une seconde en fin du mois de mai dernier. Actuellement, précise le Minader, « c’est la saison des pluies et les routes sont difficilement praticables. Mais, des dispositions sont prises pour envoyer des denrées dans ces zones où le besoin existe ». Essimi Menye indique qu’il était aussi question, au cours de leur concertation, de voir comment intensifier la distribution des aliments, surtout que nous sommes rentrés en période de soudure. Néanmoins, rassure le Minader, « l’activité agricole a repris dans l’Extrême-Nord. Malgré l’arrivée tardive des pluies, les populations ont effectivement utilisé les semences qu’on leur avait distribuées et ont repris la direction des champs ».