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Exploitation forestière: Le Cameroun reste dans la zone de corruption intense

Exploitation forestière: Le Cameroun reste dans la zone de corruption intens

Malgré une légère amélioration de la perception de la corruption dans le secteur forestier, le pays a une note qui le place dans la zone rouge, selon une étude publiée par une organisation de la société civile.

Le prétexte était tout choisi : la journée mondiale de lutte contre la corruption, qui se célébrait lundi 9 décembre 2013. En prélude à cet évènement, l’organisation de la société civile Forêts et développement rural (Foder) a publié le 6 décembre le rapport d’une étude sur la mise à jour de l’intensité de la corruption dans le secteur forestier au Cameroun. Une étude menée dans le cadre de la 2e phase de l’Initiative pour la transparence et la lutte contre la corruption dans le secteur forestier au Cameroun (Itac). Ce travail a permis d’interroger la perception des principaux acteurs du secteur des forêts et de la faune sur le phénomène de la corruption, en employant une méthodologie quasi similaire à celle utilisée dans le document de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (Snlcc).

Le rapport de l’étude du Foder révèle une légère amélioration dans la perception de l’intensité de la corruption dans le secteur forestier. Mais, le Cameroun, avec une moyenne de 6,44 sur 10, se maintient dans la zone rouge, celle de la corruption intense. La légère amélioration du Cameroun vient du fait qu’en 2010, le pays avait une note de 7,27. Ce qui fait une amélioration de 0,83 point en trois ans. Rodrigue Gonzo, responsable de l’Itac au Foder et Marius Talla, consultant, ont tenu à présenter à la presse ces résultats, en présence des partenaires au développement et autres acteurs du secteur forestier.

Résolution sur le moyen terme 

 

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Sur un effectif de 56 acteurs interrogés (agents du ministère des Forêts et de la faune, magistrats, communautés locales, partenaires techniques et financiers, etc.), 52 se sont prononcés. La moyenne de 6,44 obtenue par le Cameroun « indique d’une part que le secteur fait face aux problèmes de corruption et d’autre part que ces problèmes peuvent être résolus sur le moyen terme à travers des actions fortes », indique le rapport du Foder. Les auteurs du rapport croient savoir que cette amélioration par rapport à 2010 est due à l’importance des efforts fournis par les parties prenantes en matière de lutte contre la corruption à partir du début de l’année 2012.

Ils ne manquent cependant pas de faire des recommandations. Partant du fait que 75% des sondés pensent que le Minfof et les autres acteurs de l’administration sont les principaux détenteurs du pouvoir et estiment que cette catégorie a une responsabilité plus grande. Donc, ils doivent donner des orientations et superviser les actions anticorruptions implémentées dans le secteur, en privilégiant les initiatives à résultats rapides. L’étude recommande également que les efforts de lutte contre la corruption dans le secteur forestier intègrent davantage les acteurs qui détiennent le minimum de pouvoir et d’autorité dont le dynamisme et l’engagement peuvent stimuler le processus de lutte contre la corruption.

Initiatives pour une vision globale 

Autre recommandation : le ministère des Forêts et de la faune devrait multiplier d’autres initiatives pouvant permettre d’apprécier la perception de l’intensité de la corruption dans le secteur à une échelle plus large. « De telles initiatives permettraient d’avoir une vision plus globale et plus complète de l’intensité de la perception de la corruption dans le secteur », peut-on lire dans le rapport.

Par ailleurs, et pour finir, il est recommandé que le système judiciaire soit mieux utilisé dans le cadre des efforts mis en place pour endiguer le phénomène de corruption dans le secteur des forêts et de la faune. En plus des sanctions administratives prises pour réprimer les comportements négatifs de certains acteurs, des sanctions judiciaires, si elles sont adoptées, créeraient des facteurs de dissuasion qui auraient un impact sur la perception de l’intensité de la corruption.