Enseignants vacataires :Sapeurs-pompiers de l’enseignement

Très souvent sous-estimés par leurs pairs, ces enseignants sont pourtant incontournables dans les lycées et collèges.

« Le vacataire est ce travailleur arc-en-ciel dont la présence dans le système éducatif, bien qu’acceptée de fait, est une véritable pierre d’achoppement pour l’avenir de l’éducation au Cameroun », a écrit Albert Jiatsa Jonkeng, dans son livre intitulé : « La condition de l’enseignant vacataire au Cameroun ». Dans le langage populaire, l’enseignant vacataire est cet individu qui n’est pas sorti d’une école de formation à l’enseignement, mais qui fait des vacations dans des lycées et collèges. « Ce sont des instituteurs qui n’ont pas été intégrés avec le niveau de l’éducation de base ou encore des étudiants formés dans une matière à l’université par exemple, ou qui enseignent cette matière dans un lycée ou collège », affirme Michèle Koufana, enseignante au lycée de Nsimalen.

Les vacataires sont également ces enseignants-fonctionnaires qui font des vacations, c’est-à-dire qu’ils donnent un coup de main dans un lycée ou collège autre que celui dans lequel ils ont été affectés.  Dans le milieu éducatif, ils sont catégorisés en deux : « Il y a ceux qui ne sortent pas d’une école comme l’École normale (Ens) ou l’Eniet et qui font des vacations, et d’autres qui sont officiellement affectés dans un établissement scolaire, mais donnent des cours ailleurs », explique Casimir Yack, enseignant de philosophie.

Difficultés

Depuis quelques années déjà, le vacataire, dans son sens populaire, se fait de plus en plus rare dans les établissements publics des grandes métropoles, notamment dans les lycées. Ils sont davantage présents dans les collèges et dans les zones dites de l’arrière-pays. « C’est difficile de trouver des vacataires dans les grandes villes, puisque tous les enseignants demandent à se faire affecter dans les lycées de Yaoundé ou de Douala. Ce qui fait qu’il n’y en a plus vraiment dans les zones reculées du pays. Ceux qui y exercent sont généralement des vacataires», confie Antoine Avom, instituteur.

Néanmoins, ceux qui exercent encore en tant que vacataires sont confrontés au quotidien à des difficultés de tous ordres. Sur le plan financier, ils ne sont ni payés régulièrement, ni au même titre que les autres enseignants. « Ils sont payés pendant les premiers mois. Par la suite, l’Association des parents d’élèves et enseignants (Apee) n’a plus d’argent pour continuer à assumer leur salaire », fait savoir Casimir Yack. Le salaire du vacataire est dérisoire et précaire. « Il survit », renchérit l’enseignant de philosophie. Entre les enseignants, le vacataire est sous-estimé. « Les enseignants fonctionnaires les traitent avec beaucoup de condescendance et de mépris, parce qu’ils estiment que ces derniers n’ont pas reçu de formation professionnelle », décrie Michèle Koufana. L’enseignant vacataire reste toutefois admiré et apprécié de ses élèves.