ENEO compte apurer totalement sa dette envers Gaz du Cameroun et KPDC “d’ici la fin de l’année 2018”

La société a entrepris d’“apurer progressivement” sa dette depuis le début de l’année, “pour que l’équilibre financier du secteur de l’énergie ne se rompt pas”

 

La société Eneo, détenue majoritairement par le britannique Actis (51%), a entrepris de régler “progressivement” sa dette envers les gestionnaires des deux principales centrales à gaz : Kribi Power Development Company (KPDC), filiale du britannique Globeleq; et Gaz du Cameroun, filiale du groupe britannique Victoria Oil and Gas PLC, selon des informations fournies à Energies Media par une source officielle.

Cette dette devrait être complètement réglée “d’ici la fin de l’année”“pour que l’équilibre financier du secteur ne se rompt pas”, commente notre source. “Il faut que KPDC et Gaz du Cameroun puissent également payer leurs fournisseurs”, complète-t-elle.

Eneo a finalisé un “accord de règlement des arriérés” avec KPDC début février.

KPDC dispose d’une centrale à gaz de 211 MW à Kribi (Sud-Cameroun), energie revendue exclusivement à Eneo et injectée dans le réseau interconnecté Sud (RIS).

Gaz du Cameroun (GDC) et son partenaire Altaaqa Global produisent de l’électricité à partir de l’exploitation du champ gazier de Logbaba (Littoral-Cameroun). L’année dernière, Eneo consommait 50 MW de GDC, énergie également destinée au RIS. Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2017, les livraisons à Eneo ont représenté 53% des ventes de gaz de Logbaba.

Fin 2017, comme Energies Media l’avait rapporté, KPDC avait décidé de réduire sa production de 100 MW, du fait de factures d’approvisionnement impayées avoisinant 46 milliards de F CFA (environ 70 millions d’euros).

En lien avec cette situation, dans l’attente du règlement d’une ardoise évaluée à des centaines de milliards de F CFA dûe à Eneo par les administrations publiques, l’opérateur avait décidé de son côté de ne pas renouveler ses approvisionnements en énergie auprès de Gaz du Cameroun dès le 1er janvier 2018.

Il est à souligner toutefois que, début janvier, Eneo était débiteur de 8,7 millions de dollars envers GDC, dette que le concessionnaire de distribution de l’électricité a commencé à apurer. A la mi-février, cette créance de GDC avait déjà été ramenée à 05 millions de dollars.

La filiale de Victoria Oil and Gas, qui accuse le coup – car Eneo consommait plus de 50% de sa production avant sa décision de suspendre – espère que les approvisionnements de l’opérateur reprendront une fois que la totalité de la dette aura été réglée.

Du côté d’Eneo, on assure qu’on parvient toutefois, dans la situation actuelle, à maintenir “l’équilibre offre demande sur le RIS”, en partie grâce aux “efforts d’effacement consentis par notre principal client industriel Alucam”, peut-on lire dans la Note d’Information sur le service électrique d’Eneo au mois de février 2018

Dans le cadre de l’effacement, le groupe industriel Alucam – qui consomme environ 200 MW à lui seul, selon une donnée communiquée à Energies Media – accepte de ne pas consommer l’électricité fournie par Eneo à certains moments de la journée, lors des heures de pointe.

Le concessionnaire du service de distribution de l’électricité mise beaucoup sur l’entrée en production – attendue – du barrage de Memve’ele (211 MW), afin de réduire les coûts de production sur le RIS et partant les approvisionnements en gaz qui lui “coûtent cher”. Une espérance à l’opposé des voeux de GDC.