Droits de l’Homme: L’ONU épingle le Burundi

 L’Organisation des Nations unies accuse à nouveau Bujumbura de tortures, de disparitions forcées et d’exécutions sommaires

Neuf mois après la publication d’un premier rapport accablant les autorités burundaises de graves violations des droits de l’Homme, l’Organisation des Nations unies (ONU) revient à la charge avec un nouveau rapport à mi-parcours publié hier à Genève en Suisse. Dans sa communication faite devant le Conseil des droits de l’Homme, Fatsah Ouguergouz, président de la Commission indépendante d’enquête de l’ONU créée en septembre 2016, a confirmé que le Burundi est effectivement le théâtre d’assassinats ciblés, de disparitions forcées, de viols, d’enlèvements et de tortures. Ce texte qui conclut à une sanglante répression envers les opposants et tout subversif au régime en place parle de plus de 2 000 morts, des centaines de disparus et de plus de 400 000 réfugiés.
Interdite de séjour au Burundi, la Commission Ouguergouz, opérationnelle depuis quatre mois, dit avoir enquêté auprès de milliers de Burundais établis dans les pays voisins et craignant pour leur sécurité. Surtout que le bureau de l’office des Nations unies aux droits de l’Homme n’est plus fonctionnel depuis octobre 2016.
En attendant le rapport final qui sera rendu dans les trois prochains mois, les autorités burundaises dénoncent un «mensonge» par «une conspiration internationale». «Maintenant avec Genève, c’est peut-être la dernière carte pour montrer que le pays ne respecte pas les droits de l’Homme, en s’appuyant sur des rapports biaisés», a déploré Willy Nyamitwe, conseiller principal de la présidence burundaise. D’après lui, «le Conseil des droits de l’Homme est utilisé contre le Burundi par les déstabilisateurs pour arriver à leurs fins». Ce proche collaborateur du président Pierre Nkurunziza a d’ores et déjà fait savoir que Bujumbura ne désignera pas une délégation pour présenter un contre-rapport. Car, selon lui, «celui présenté dans la session antérieure du conseil n’a pas été pris en considération dans la rédaction du rapport final.» Le gouvernement burundais qui voit en ces accusations une volonté de déstabilisation a annoncé qu’il ne tiendra pas compte du rapport final.