camernews-Caisse

Droit d’Auteur et droits voisins : la première désillusion des Artistes-Musiciens

Droit d’Auteur et droits voisins : la première désillusion des Artistes-Musiciens

Contrairement au ramdam médiatique que la ministre des Arts et de la Culture a voulu entretenir autour de la répartition à titre exceptionnel de la redevance due au titre du droit d’auteur et des droits voisins dans la catégorie B n’a pas été payée. La promesse a fait l’effet d’un pétard mouillé.

La presse camerounaise, à la solde d’Ama Tutu Muna, Ministre des Arts et de la Culture a annoncé à grand renfort médiatique le paiement pour le mercredi 23 septembre 2015, du droit d’auteur et des droits voisins dans la catégorie B issu de la répartition à titre exceptionnel de la redevance. On a même tôt fait de dire que c’est un fonds alloué par le président de la République Paul Biya. Un Comité Ad hoc de répartition avec comme président François Missé Ngoh a été constitué et aussitôt s’est mis au travail. Seulement, le ramdam médiatique a suscité le déplacement de plusieurs dizaines d’artistes musiciens qui sont partis de l’arrière-pays où ils croupissent pour aller percevoir le précieux sésame.

Alors que certains confrères de manière péremptoire ont affirmé que depuis mercredi 1328 artistes musiciens passent déjà à la caisse. Qu’elle n’a pas été la désillusion de ceux qui sont partis des contrées lointaines sans un sou et sans baluchon dans l’espoir d’entrer en possession de leur quote-part de la répartition de cette redevance du droit d’auteur et des droits voisins. La seule satisfaction pour ces derniers a été d’avoir retrouvé leur nom sur les listes des 1328 bénéficiaires. François Missé Ngoh, le président du Comité Ad hoc de répartition, sans avoir cru bon de s’excuser va se contenter dans sa première sortie de reporter la date pour le lundi 28 septembre 2015.

Et par ailleurs de gargariser d’un si important travail abattu. Dont la plus-value a été la prise en compte des artistes oubliés dans la précédente répartition. Des oubliés que le Comité Ad hoc n’a rien fait de spécial pour recenser, et réhabiliter, si ce n’est d’avoir pris en compte les nombreuses requêtes qui étaient restées lettres mortes après la dernière répartition qui avait fait des gorges chaudes et entrainé des jets de tomates pourries sur la précédente commission de répartition. Une répartition à la tête du client et teintée de soupçon de mercantilisme. Il faut dire que c’est l’un des volets sur lequel, cette Commission Missé Ngoh est très attendue. On verra bien comment sans technologie moderne, la répartition va pouvoir respecter le taux de diffusion des œuvres.

Mieux si les déséquilibres criards de la dernière répartition ont été rattrapés. Repartions dans laquelle, les artistes-musiciens les plus en vue, les plus productifs et les plus diffusés détenaient les quotes-parts plus ou moins faibles de la redevance. On espère aussi qu’au-delà du discours politique de Mme la Ministre des Arts et de la Culture, sa recommandation au Comité Ad hoc de ne pas tenir des clans et camps a été scrupuleusement respectée. «Défendre en premier l’intérêt commun et de ne privilégier aucune tendance au détriment d’une autre, de faire fi de toutes les batailles inutiles qui ont divisé les artistes musiciens ces derniers temps», intimait-elle. Même si, malheureusement, la réalité est tout autre. Puisque c’est elle qui entretient les divisions dans la grande famille des artistes musiciens.

Malgré que le caractère exceptionnel de cette répartition, on confie qu’il s’agit en effet d’une avance qui sera remboursée, c’est pourquoi, il faut éviter que des usurpateurs, comme lors des anciennes répartitions, dont on connait aucun répertoire musical bénéficient de cette redevance. En revanche, on attend que le Comité Ad hoc, se montre beaucoup plus attentif sur les artistes-musiciens en retraite ou invalides à l’instar de Liza T dont l’émission «Regard Social» sur la chaine de télévision Equinoxe Tv a ému le monde entier ne soit oublié. Parce que leurs œuvres continuent à bercer les mélomanes. Déjà on voit dans ce travail, du Comité Missé Ngoh aussi des pistes de contestations. Alors qu’un communiqué invite tous ceux des artistes musicien qui se sentent souvent lésés ou oubliés et détenant la preuve que leurs œuvres ont été exploitées dans la liste publiée le 21 septembre 2015 moins de 10 jours de travail après leur installation à se présenter devant le Comité ad-hoc, au plus tard le 28 de ce mois.

Pourquoi tout d’abord publier précipitamment une liste si on ne met pas des bases de travail efficace et efficientes pour produire un travail des plus crédibles possibles ? On n’a plus rien à attendre pour enregistrer dès lundi les premières récriminations, mais aussi les critiques acerbes sur des interprétations subjectives ou objectives des différents mouvements corporatistes qui se sont créés dans la perspective des joutes électorales pour le contrôle de la future société de gestion des droits dans le  secteurs des arts musicaux. Chaud devant !

 

camernews-Caisse

camernews-Caisse