Douala: «Indépendantistes» et «royalistes» musulmans se déchirent à New-Bell

Les parties se retrouveront une fois de plus au Tribunal de Grande instance de Douala ce vendredi.

A la Mosquée centrale de New-bell, Le verdict est attendu dans une atmosphère toujours enflammée.
Le Sultan Mbombo Njoya, président du Conseil islamique du Noun (Cosin) a été traduit en justice par Mbombo Ibrahim Moubarak, le coordinateur national de l’Union islamique du Cameroun (l’Uic) pour ingérence dans la gestion de la Mosquée centrale de New-bell. Les plaidoiries sont bouclées depuis le mois d’avril. Les juges ont rabattu le délibéré au 15 mai. Hier mercredi, le verdict à été renvoyé au 19 juin. Alors que les fidèles attendent la décision du tribunal, la mosquée centrale de New-bell, continue d’enregistrer des actes de belligérance. La tension est montée récemment d’un cran quand l’actuelle équipe dirigeante installée par le sultan Njoya a procédé au changement de dénomination de la Mosquée. Changement que la plupart des fidèles ont découvert à l’occasion de la pose, à l’entrée de l’édifice, de la nouvelle plaque

d’identification où l’on peut lire : «Mosquée Centrale n° 2». Or, sur l’ancienne plaque laissée à l’abandon dans un coin de ce lieu de culte, il est inscrit : «Mosquée centrale de New-bell». Quant au numéro du décret présidentiel qui marque l’acte de création de l’Uic, il y a été effacé à l’encre rouge aux premières heures du conflit.
Les fidèles sont désormais divisés entre les «indépendantistes» radicalement opposés à l’ingérence des chefs traditionnelles dans les affaires religieuses et les partisans de la famille royale pour qui le sultan reste le «Gouverneur incontesté des croyants» donc, détient le pouvoir de nommer les imans, du moins, dans les mosquées qui relèvent du «patrimoine royal.»
Approché, Oumarou Mouchili, fidèle et inconditionnel de dernière heure du sultan affirme que «le changement de nom participe de la volonté de l’équipe dirigeante de s’affirmer mais, c’est aussi l’expression de l’autorité du sultan dans cette mosquée qui existe par la volonté de la famille royale». Par-contre, un imam «indépendantiste» ayant gardé l’anonymat se dit choqué par le désordre qui est en train de s’installer dans leur mosquée. «Nous croyions que le procès en cours devrait inviter les gens à la retenue hélas…. Les autres continuent la provocation. Ils sont pourtant conscients de ce que le Conseil islamique du Noun sur lequel le roi s’appuie pour intervenir dans notre mosquée a fait fausse route. Son intervention dans ce lieu de culte placé sous la tutelle de l’Uic est une infraction grave. J’espère simplement que la justice rendra Justice», fulminera-t-il avec une nuance de découragement dans la voix.
Par ailleurs, «en ce qui concerne la gestion des prières, c’est toujours la cacophonie. Les imams qui ont manifesté d’une manière ou d’une autre leur opposition à «l’immixtion» du sultan dans les affaires de cette mosquée ont été exclus du nouvel organigramme», reprend le croyant. Les mauvaises langues disent que cette exclusion a été une instruction du Sous-préfet de Douala II. La semaine dernière, l’Imam Farouk (le principal) a réintégré certains «exclus» d’hier dans son équipe du mois de Ramadan qui commence ce jour. En tout état de cause, les fidèles ne désirent qu’une seule chose : que la gestion du culte revienne aux hommes de culte et que les chefs traditionnels s’occupent de la tradition. Affaire à suivre.