Deuxième pont sur le Wouri: Pourquoi Biya autorise une rallonge de financement

La guerre contre le terrorisme n’arrête pas le défi du développement. C’est en tout cas le leitmotiv de la politique implémentée par le président Paul Biya, qui est au four et au moulin entre le pari de tenir la bataille asymétrique que mène le Cameroun et son armée contre la secte terroriste BokoHaram, et celui de mener les projets structurants à bon port. La bonne nouvelle veut que les deux paris soient tenus au même moment. La guerre n’exclut pas le progrès économique. Jamais un septennat n’aura revêtit autant d’enjeux stratégiques en géopolitique et en économie, que celui qui coureau Cameroun depuis 2011. Au départ étaient les projets structurants annoncés au menu de la politique générale du candidat Paul Biya au cours deses discours de campagne prononcés à la veille de laPrésidentielle 2011. Durant cette campagne électorale, Paul Biya annonçait, sûr de son fait, et persuadé de son défi que le Cameroun entier se transformerait enun vaste chantier dès 2012. Autrement dit, ce pari économique est tenu à travers la construction simultanée des barrages hydroélectrique de Memve’ele, Mekin et Lom Pangar, le port en eau profonde de Kribi… sans oublier, entre autres réalisations, la construction du second pont sur le fleuve Wouri à Douala. Les travaux des différents chantiers ont d’ores et déjà débuté, certains connaissent un taux de réalisation de plus de 80 %. Le pont sur le Wouri en chantier avancé fait son bonhomme de chemin. C’est pour booster les travaux du tablier principal et les aménagements périphériques audit pont que le président de la République, Paul Biya, a signé, le 4 juin dernier, un décret qui ouvre la voie au financement des aménagements complémentaires de la deuxième grande passerelle de béton sur le Wouri. Ledit décret habilite le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, à signer instamment avec l’Agence française de développement (AFD) une convention de crédit d’un montant de 45 millions d’euros (environ 29,5 milliards de FCFA), devant servir pour lesdits besoins programmés. Pour appréhender les tenants et les aboutissants de ce décret, il faut souligner que les travaux en cours du nouveau pont sur le Wouri nécessitaient des équipements supplémentaires qui tiennent compte de son environnement immédiat. Il s’agit des aménagements périphériques et connexes devant assurer sa fiabilité, sa sécurité et sa durée. Il s’agit aussi des travaux ajoutés au contrat initial lors de son lancement officiel en novembre 2013, par le chef de l’Etat, Paul Biya. Or, entre temps, il y a eu la construction de nouvelles usines parmi lesquelles la cimenterie Dangote. Du coup, la physionomie générale de la zone portuaire industrielle de Douala a favorisé les aménagements annoncés autour du second pont sur le Wouri dont l’importance économique et l’impact social ne sont plus à démontrer.
En ce qui concerne les nouveaux travaux proprement dits, ils portent sut quatre aménagements d’envergure : la construction d’une route en contrebas de l’actuel pont, laquelle permettra à la zone industrielle voisine d’évacuer ses productions, une deuxième route qui reliera la ville au port, une troisième bretelle à plusieurs voies souterraines qui reliera le rond-point qui jouxte la sortie du pont par un échangeur simplifié qui ira jusqu’au rond-point Deido, et, pour terminer, il y aura la construction du boulevard qui mène jusqu’au lieu-dit Besseke, il s’agit d’une voie hybride pour trains et automobiles, comme on observe actuellement sur l’ancien pont.Bon à savoir, le deuxième pont qui se construit actuellement sur le Wouri est une infrastructure réalisée en ce mois de juin 2015 à plus de 30 %. L’ouvrage ainsi financé par l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 110 milliards FCFA, est construit par un consortium conduit parSogea-Satom avec d’autres entreprises comme Lavigne Chevron, Eiffage,Greisch et SoletancheBachi. 520 emplois ont déjà été créés sur des prévisions initiales de 550 postes. Long de 800 mètres, le deuxième pont sur le Wouri, aura 2 km de voies de raccordement et une largeur de 25 mètres. Il y est prévu cinq voies routières et 2 voies ferroviaires, selon la propre description faite par le chef de l’Etat camerounais Paul Biya faite par le 14 novembre 2013, lors du lancement officiel des travaux de cet ouvrage. Paul Biya l’avait dit, pour le souligner avec force, «le pont actuel n’était plus à même de supporter le trafic en constante augmentation. Il était urgent d’en construire un autre pour fluidifier les échanges entre les rives du fleuve Wouri » qui, selon Paul Biya, «va permettre de rendre la traversée de notre métropole économique plus rapide et d’assurer la compétitivité de nos entreprises… cet «ouvrage d’art fasse sa réputation au-delà de nos frontières», le président Biya a précisé que l’ancien pont, âgé de plus de 40 ans, «sera dédié aux piétons et aux deux roues», une fois le second livré en septembre 2016… Comme on peut le voir, la guerre que le Renouveau et le peuple mènent contre BokoHaramn’arrête pas le développement. Surtout pas au Cameroun où les défis pour l’atteinte des objectifs du millénaire restent intacts.