Des marchands d’objets d’art arrêtés

Le 24 Juin 2015, deux marchands d’objets d’art ont été épinglés  par une équipe des agents des forêts et de la faune qui les avait surpris en pleine transaction de vente de 2 pointes d’ivoire sculptées et un stock important d’objets en ivoire sculpté. L’arrestation qui a eu lieu au quartier Nlongkak à Yaoundé a vu la participation des éléments de la police qui ont patiemment attendu les présumés trafiquants pendant quelques heures avant leur arrestation. Une ONG spécialisée dans l’application de la loi faunique dénommée LAGA, a fourni une assistance technique lors de cette opération.

Les deux trafiquants, dont l’un âgé de 44 ans et domicilié au quartier Nkomkana à Yaoundé, et l’autre âgé de 41 ans et résidant au quartier Bastos a fonctionné comme une équipe de trafic d’ivoire pendant plus de 20 ans, tel que l’a révélé plus tard des sources proches de l’enquête et qui ont requis l’anonymat. Ils sont également soupçonnés d’appartenir à un réseau de trafic d’ivoire que les enquêteurs sont maintenant décidés à démanteler. Il semble que  ces deux hommes soient des intermédiaires qui obtiennent de l’ivoire des autres maillons du réseau, pour ensuite procéder à leur vente aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’international. Selon toute vraisemblance, ils attendaient quelqu’un et avaient effectués plusieurs appels téléphoniques peu avant l’opération qui a permis la découverte des produits en ivoire soigneusement dissimulés dans un sac a dos du coleur bleu qu’ils détenaient. Ils sont commerçants  d’objets d’art près de l’immeuble T. Bella au centre ville de Yaoundé.

L’arrestation intervient quelques jours après que les agents des forêts et de la faune travaillant en collaboration avec la gendarmerie ont appréhendé un marchand d’objets d’art à Douala alors qu’il tentait de vendre 44 pièces d’ivoire sculpté au quartier Bonanjo. Ces arrestations rentrent dans le cadre du programme d’application effective de la loi faunique lancé en 2003 par le ministère des Forêts et de la Faune et dont l’objectif principal est de traquer les trafiquants d’espèces fauniques.

Le Cameroun est considéré comme une source de l’ivoire et aussi comme une zone de transit importante pour l’ivoire en provenance d’autres pays d’Afrique centrale : déclarent les experts chargés de l’application de la loi faunique. Une récente opération d’application de la loi faunique menée au Sénégal avec l’assistance technique de l’ONG- pionnière du Cameroun LAGA, et qui a abouti à l’arrestation de sept trafiquants avec plus de 400 trophées et produits d’éléphants, a montré que certains de ces produits provenaient du Cameroun.

On estime que 30 000 éléphants sont tués chaque année sur le continent en raison du commerce illégal de l’ivoire et maintenant, une nouvelle recherche indique que cela conduit également à l’extinction des vautours dont les populations ont diminué de 80%. La raison de cette baisse est simple : selon le rapport publié par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), ils meurent d’intoxication parce les braconniers empoisonnent les carcasses d’éléphants abattus. Ceci est un empoisonnement délibéré des vautours qui se nourrissent de carcasses. Ils éliminent les vautours pour éviter la détection de leur présence, car une fois qu’un éléphant est tué, les vautours commencent à sillonner dans l’air, ce qui peut indiquer la position des braconniers ou de la carcasse, et donner l’alerte de leur activité illégale aux agents en charge de l’application de la loi faunique telle que les patrouilles.