Couvre-feu après une attaque de Boko Haram

L’armée nigériane a imposé jeudi un couvre-feu à Maiduguri, après la 1re attaque de Boko Haram en plusieurs mois contre la grande ville du nord-est du Nigeria.

«Vu des récents développements dans l’agglomération de Maiduguri, un couvre-feu (de la tombée de la nuit à la levée du jour) a été imposé pour 24 heures dans la ville», a déclaré un porte-parole de l’armée nigériane, le colonel Tanko Gusau, dans un communiqué.

Boko Haram a mené une attaque dans un quartier nord de la grande ville mercredi soir, mais les assaillants ont pu être repoussés par l’armée au terme d’affrontements, selon l’armée nigériane et des témoins. Le bilan des violences restait pour l’instant inconnu.

Selon plusieurs témoins qui se trouvaient dans le quartier de Kayamla, le lieu de l’attaque, des dizaines d’islamistes munis d’armes à feu et de lance-roquettes se sont mis à tirer et à lancer des explosifs dans tous les sens vers 18h30 (19h30 en Suisse).

L’armée a, elle, déclaré avoir combattu «une bande de terroristes qui avaient déclenché (les explosifs) de deux femmes kamikazes avant leur attaque» contre le quartier de Kayamla. Selon les témoins, l’armée a pu maîtriser les islamistes après 40 minutes de combat.

Opération de «diversion»

L’armée nigériane mène en ce moment une vaste opération de destruction des camps de Boko Haram dans l’immense forêt de Sambisa, dans la même région, un des grands fiefs du groupe islamiste.

Cette attaque de «diversion» sur Maiduguri a été menée «dans l’intention de ralentir l’assaut en cours sur la forêt de Sambisa», a analysé le communiqué de l’armée. «On pense qu’elle a été menée par ceux qui fuient les camps terroristes» détruits, ajoute le texte.

Il s’agit d’une des premières attaques contre Maiduguri depuis le début de l’offensive militaire régionale lancée en février avec l’aide des pays voisins du Nigeria. Cette offensive a considérablement affaibli Boko Haram, selon les observateurs.