Comment répondre aux Américains qui épinglent dans un rapport au vitriole les exactions de son régime, Paul Biya se défend !

Le département d’Etat américain vient de publier un rapport sur les conditions jusqu’à l’an 2014, des droits humains au Cameroun.

Un volumineux document d’une quarantaine de pages qui ne fait pas de cadeau à la gestion du régime au pouvoir au Cameroun depuis 33 ans. Comme s’il avait déjà été mis au parfum du coup que lui préparait les Américains, Paul Biya, le président de la République du Cameroun avait anticipé sa défense le vendredi 03 juillet dernier, lors d’une conférence de presse organisée au Palais de l’Unité à Yaoundé en marge de la visite d’état au Cameroun, du président français, François Hollande. Répondant à une question relative à la condamnation controversée de l’avocate Franco-camerounaise à 25 ans de prison pour détournement de fond public, Paul Biya a saisi cette occasion que lui offrait la presse internationale, pour claironner l’indépendance de la justice au Cameroun. «Je tiens à souligner que la justice au Cameroun est totalement indépendante. Même s’il arrivait à exécutif de vouloir l’influencer, l’exécutif ne réussirait pas » avait-il indiqué. Et pourtant, dans le rapport 2014 qu’il vient de dévoiler, le département d’Etat américain n’a pas par pris quatre chemins pour dire que Paul Biya, détenteur du pouvoir exécutif, président du Conseil supérieure de la magistrature et président du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti politique majoritaire à l’Assemblée nationale et au Sénat, influence de manière flagrante le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif. Ainsi, Paul Biya, le manitou absolu, se servirait de tous ces pouvoirs pour réprimer ceux de ses compatriotes ambitieux ou qui osent ramer à contre courant de sa volonté. Dans ce registre, le rapport américain cite des victimes telles Mbara Guérandi, farouche opposant porté disparu ou le ministre Marafa Hamidou yaya emprisonné, etc. Une fois de plus, comme pour donner la réplique à ces graves accusations, le chef de l’Etat camerounais avait déclaré vendredi dernier, que les prisonniers politiques n’existent pas dans son pays. «Beaucoup d’opposants ici, vivent en liberté et débattent librement » avait-il affirmé.

Aux Américains qui dénoncent par ailleurs, le fait que le gouvernement camerounais est gangrené par la corruption, Paul Biya fait savoir qu’une guerre contre ce fléau est en cours dans son pays. « Nous avons fait de la lutte contre la corruption, une priorité ». Sauf que, malgré cette lutte contre la corruption et le détournement des fonds publics, déclenchée depuis environ 16 ans, avec comme l’une des premières victimes Mounchipou Seidou ex ministre des Postes et télécommunications, Les membres du gouvernement Biya et certains hauts dignitaires Rdpc continuent à se faire incarcérer à la suite des accusations de corruption et d’affaire de détournement. Le dernier en date est Jean Marcel Dayas, membre du Comité central RDPC et ex DG du Port autonome de Douala, incarcéré le week-end dernier avec à la clé 25 ans de prison.
Dans son rapport, dont copie est publié ci-dessous, le département d’Etat américain, a aussi épingle le népotisme de Paul Biya qui, dans la répartition des postes clés au sein de administration du pays, favorise les ressortissants de sa région natale. La critique américaine touche aussi les conditions inhumaines de séjour dans les prisons, les entraves à la liberté d’expression, etc.