Comité de normalisation : Un caillou dans la chaussure

Comité de normalisation : Un caillou dans la chaussure

Accueilli avec enthousiasme, il a montré ses limites à restructurer le football camerounais.

La messe est dite. Aucun espoir ni fanfaronnade ne sont plus permis. Loin du rêve, après la qualification bancale du Cameroun pour le Mondial 2014 face aux Eperviers du Togo (0-2), en juillet 2013, la réalité s’est révélée bien difficile à accepter. Atomisés par la Croatie, les Lions indomptables sortent par la petite porte. Le match face au Brésil, lundi prochain, permettra tout juste de sauver l’honneur, s’ils en ont encore un tant soit peu.

Alors que l’estocade est loin d’être digérée, on peut s’interroger, à dessein, sur le rôle du Comité de normalisation dans cette affaire. Surfant sur la vague haineuse qui a emporté l’ancien président de la Fédération camerounaise de Football (Fécafoot), Mohammed Iya, ledit Comité, avec à sa tête Joseph Owona, était présenté comme celui qui résoudrait tous les problèmes causés par la «bande à Iya» accusée d’avoir galvaudé le football camerounais, toutes catégories confondues, et de l’avoir fait plonger dans les profondeurs de la médiocrité.
Installé en juillet 2013, le mandat dudit comité était prévu pour expirer le 31 mars dernier. L’équipe ainsi nouvellement installée avait pour missions la réécriture des textes fédéraux ainsi que l’organisation des élections à la tête de l’instance. Des missions qu’on croyait précises, qui ont tôt fait de calmer un public déjà avare de sanctions vis-à-vis des responsables en charge du football un peu trop laxistes, à leur goût.

Pour mener à bien ces missions, le choix s’était porté sur Joseph Owona, célèbre agrégé en droit et son staff. A l’occasion, trois commissions sont mises sur pied, dont celle en charge de la révision des textes. Avec à sa tête le Pr Adolphe Minkoa She, elle s’est donnée pour objectifs, outre la relecture des textes de la Fécafoot et de ses ligues, l’élaboration, en tant que de besoin, des projets de modification des textes et de mise en place de tout projet nécessaire au bon fonctionnement de la Fécafoot. La deuxième, commission dirigée par le Pr James Mouanguè Kobila, doit plancher sur le processus électoral, préparer et organiser l’élection du président et des membres du comité exécutif de la Fécafoot ainsi que le choix des présidents et membres des conseils, des ligues régionales, départementales et d’arrondissements. La commission chargée de l’amélioration de la gestion courante, pour sa part, doit «faire des propositions d’amélioration de la gestion des affaires courantes de la Fécafoot ».

Et, alors qu’on continuait de s’interroger sur les motivations des uns et des autres, qu’aucune visibilité n’était établie quant à l’efficience du travail des différentes commissions, M. Owona a fait déposer, en décembre 2013, une lettre à la présidence de la République demandant la prorogation de son mandat. Personne n’était alors dupe. Cette manoeuvre visait clairement, pour le comité, à être impliqué dans la gestion de la Coupe du monde. C’est ainsi que, le 21 mars 2014, Joseph Owona et ses collaborateurs voient leur mandat prorogé jusqu’au 30 novembre 2014, soit 8 mois de plus. L’ancien ministre des Sports se sent ainsi investi de la mission d’accompagner l’équipe au Brésil.

Parallèlement, il est accusé de s’offrir un salaire et des avantages faramineux. Information qu’il dément avec vigueur. Réfractaire à la critique, il reproche à son collaborateur, le Pr James Mouangue Kobila, d’avoir accepté sa nomination à la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun. Ce dernier, à son tour, lui faisait le reproche de gérer seul le comité de normalisation pourtant composé de 11 membres.

La bataille pour la gestion des fonds de la Coupe du monde étant gagnée, avec le succès qu’on sait (querelle autour de la gestion des primes des joueurs, disputes avec le ministre des Sports au Brésil, etc.), on ne peut pas dire que la gestion actuelle du Comité de normalisation se distingue positivement de celle de M. Iya et de ses affidés. A 5 mois de l’expiration du mandat au terme duquel «Massayo» souhaiterait, selon ses pourfendeurs, installer son poulain Tombi à Roko à la tête de la Fécafoot, des questions fusent et on continue d’attendre les propositions faites par les différentes commissions pour juguler l’embarrassant problème de textes dénoncés par une bonne partie des candidats aux différentes élections à la Fécafoot. C’est dire qu’après le Mondial, on saura si ce Comité était ce qui pouvait arriver de mieux au Cameroun.

 

 

camernews-Joseph Owona

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