camernews-Taxi-Brousse-Centrafrique

CIRCULATION : LES TAXIS DU TROISIÈME ÂGE

CIRCULATION : LES TAXIS DU TROISIÈME ÂGE

Le parc automobile en transformé en musée, faute d’une réglementation.

«La majorité des voitures en général et taxis en circulation dans nos villes sont des véhicules de pas moins de 20 ans. Beaucoup parmi eux ont été déjà utilisés en Europe avant d’être revendus au Cameroun ». Ces propos d’Appolinaire Tchakounté, le chef d’atelier du centre Cadcia de contrôle des visites techniques à Mvan traduisent bien la vétusté du parc automobile camerounais. Depuis deux jours, près de 15 chauffeurs de taxis confirment bien cet état. Les marques des voitures les plus prisées sont la Toyota Corolla EE20, les Starlets, les Nissan, etc. Ibrahim Nsangou, un chauffeur de taxi de la ville de Yaoundé affirme que « plusieurs de ces voitures transformées en taxi sont des occasions d’Europe.

Il y en a qui sont de premier, deuxième et troisième choix ». Le Jour a constaté après observation de de sa carte grise que son taxi a 19 ans de vie . Il explique que « la plupart des taxis sont des voitures qui datent des années 80 à 94. Quand on n’est pas prudent, on peut croire qu’elles sont neuves ». Wamba Sob, un autre chauffeur de taxi de marque Nissan qui a 23 ans de métier précise quela marque quidure le plus lorsqu’elle est utilisée comme taxi, est là Toyota. Blaise Mvié, un autre chauffeur hésite à parler de l’âge de son taxi, une Toyota Corolla EE90 avant de lâcher. « Ce n’est pas l’âge des véhicules qui cause les accidents. C’est surtout l’imprudence des chauffeurs. Nous sommes satisfaits parce qu’au Cameroun, les voitures de tous les âges continuent de circuler et permettent aux familles des conducteurs de survivre. Le Cameroun n’est pas le Sénégal ou le Gabon où les mesures sont restreintes ».

L’absence d’une réglementation

A la direction des Transports terrestres du Ministère des Transports, aucune information n’a filtré sur la législation en vigueur. Rendu à la délégation régionale du Centre à Coron à Yaoundé, un cadre a expliqué sous anonymat qu’ « il n’y a aucune législation en la matière au Cameroun. S’il y en avait une sincèrement en termes d’âges, on filtrerait dès le port de Douala ». Prenant l’exemple des télévisions en tube qui ne circulent plus actuellement au port de Douala, il a montré que s’il y avait une règlementation, les douaniers séviraient au niveau du port. Au centre de contrôle des visites techniques à Mvan, un autre cadre a affirmé que « l’âge des véhicules et des taxis n’est pas encore défini au Cameroun.

L’expérience du Sénégal et du Gabon

L’essentiel, c’est le bon état des véhicules. Il précise tout de même que « Si on définissait cet âge, cela permettrait par exemple que les véhicules dont les structures sont en mauvais état soient évacués de la circulation ». Autre avantage, la libre circulation dans la ville. Selon Mohamadou Issac, un ancien cadre dans une délégation régionale du Transport, plusieurs cartes grises d’une centaine de taxis consultées indiquent que les plus récents datent de 1990, âgés d’au moins 20 ans. Ce qui démontre que notre parc automobile est un musée.

Le Gabon a décidé d’interdire l’importation des véhicules d’occasion vieux de plus de trois ans, accordant tout de même un délai de 2 mois pour le dédouanement des voitures déjà dans le circuit de l’importation. Les voitures âgées sont même confisquées dans les rues. La limitation de l’âge des voitures d’occasions au Sénégal est de 8 ans.

 

camernews-Taxi-Brousse-Centrafrique

camernews-Taxi-Brousse-Centrafrique