Ces primes à problèmes autour des Sélections nationales

Le consensus a finalement été trouvé. Et les Lionnes du basket-ball ont reçu ce qu’elles demandaient après leur finale perdue lors du dernier Afrobasket dames. C’est-à-dire 15 millions F. On est donc bien loin des deux millions qui leur étaient proposés et qui ont causé une crise de près de deux semaines. Qu’on soit d’accord ou pas sur ce montant ou sur la méthode, on peut se demander si tout ce ramdam n’aurait pas pu être évité. Il aurait suffi que les barèmes de primes pour chaque tour de qualification soient connus d’avance.

La problématique n’est pas nouvelle. Le Cameroun n’ayant pas été épargné par les affaires de ce genre. On a récemment eu les Lionnes indomptables obligées de réclamer plus de considérations haut et fort après leur coupe du monde au Canada. Les volleyeuses, elles aussi, au retour du championnat d’Afrique où elles ont obtenu une médaille de bronze il y a quelques mois, ont patienté un bon moment avant de recevoir leur dû. L’épisode des Lions indomptables avant leur départ pour le Brésil reste également dans les mémoires. Et ce sont des exemples parmi tant d’autres.

On peut donc légitimement se demander à quoi ont droit nos athlètes à chaque fois qu’ils représentent le pays sous d’autres cieux. Il est en tout cas difficile d’y répondre, aucun véritable texte n’existant en la matière. « Cette question se gère en fonction des différents budgets alloués, qui varient selon l’importance de la compétition. De plus, il faut tenir compte de la disponibilité des fonds. L’Etat, comme en ce moment, est sur plusieurs fronts », avance un responsable du ministère des Sports et de l’Education physique. On avoue ici qu’une grille plus ou moins officielle existe, mais elle n’est pas forcément respectée. Qui penserait, par exemple, à proposer à chacun de nos Lions indomptables une prime de trois millions en cas de victoire à une compétition quand ceux-ci exigent près de 50 millions juste pour disputer le premier tour de la coupe du monde ? Ce n’est certainement pas cela le débat, le football générant suffisamment d’argent pour que les joueurs en profitent. Mais le fait est qu’en dehors du football masculin, dans une certaine mesure du moins,  puisqu’il y a eu des problèmes à ce niveau-là aussi, les autres sports sont traités selon les circonstances. Normal, puisqu’il n’existe pas vraiment de traçabilité et de planification dès lors qu’on parle d’argent autour des équipes nationales. Pour chaque saison sportive, il existe pourtant bien un calendrier des compétitions internationales. On peut dès lors faire des prévisions budgétaires appropriées dès le départ. Mais comment comprendre que certains donnent souvent l’impression d’être surpris ? Que dire des lenteurs administratives qui font souvent traîner les choses ? Qu’en est-il du manque de communication qui entraîne parfois des incompréhensions ? Et de  la corruption qui conduit souvent certains responsables à « prendre leur part » au passage ? Les athlètes, non plus, ne sont pas forcément exempts de tout reproche, certains en profitent pour faire du chantage. Mais, c’est bien la preuve qu’il faut une réglementation comme cela a été fait  en football notamment. Et c’est d’ailleurs un des chantiers du nouveau MINSEP. L’épisode des Jeux africains 2015, où tout était connu à l’avance et où on n’a pas entendu de plaintes, pour le moment du moins, est la preuve bien qu’on peut gérer les choses autrement avec plus de visibilité et de communication. Parce que le plus important pour tout le monde, c’est avant tout l’intérêt du sport camerounais.