Ces containers dédouanés qui traînent au port de Douala

Préoccupation au menu de la concertation des douanes du Cameroun, de la Rca et du Tchad ouverte hier à Douala.

C’est un « paradoxe », selon le gouverneur de la région du Littoral. De nombreux containers en transit pour la République centrafricaine (Rca) restent bloqués au port de Douala alors que toutes les formalités douanières ont été bouclées (« plus de 3000 », d’après la douane). Joseph Beti Assomo manifestait ainsi son étonnement hier, 20 août 2015, en ouvrant, au nom du ministre des Finances, une réunion de concertation entre les directeurs généraux des douanes du Cameroun, de la Rca et du Tchad. Relevée également par le Dg des douanes du Cameroun, la situation a été qualifiée de « contreproductive » par le représentant du Minfi, qui a ajouté qu’elle « charrie des conséquences fâcheuses ». Pas bon du tout pour la coopération économique sous-régionale.

Les acteurs en concertation depuis hier ont donc été invités, entre autres choses, à réfléchir à ce problème. Le menu des travaux prévoyait d’ailleurs une présentation de la Douala international Terminal (Dit) à ce sujet. Au-delà de la solution attendue pour ce point précis, les experts et acteurs en réunion jusqu’à ce jour doivent également œuvrer à la facilitation et à la sécurisation du transit – et notamment « la fluidification du transit » sur les corridors – ainsi qu’au développement du commerce international. Evidemment, l’effort d’aller dans ce sens doit aussi être consenti par les partenaires privés de la chaîne logistique des transports et du commerce extérieur.

Des partenaires dont le Dg des douanes camerounaises, Minette Libom li Likeng a salué la participation aux travaux, rappelant qu’ils s’inscrivaient en droite ligne d’un cycle inauguré en juillet 2012 toujours à Douala. Il avait été arrêté, outre l’institutionnalisation d’un cadre de concertation périodique offrant aux administrations des douanes des trois pays la possibilité d’harmoniser leurs positions sur des sujets d’intérêt commun, l’extension du système Nexus+ aux administrations douanières de la Rca et du Tchad.

S’agissant de ce dernier pays, Minette Libom li Likeng a rappelé une réunion tenue à N’Djamena en fin mai 2015, et dont les principales résolutions ont porté sur la création de ports secs à Ngaoundéré, Belabo et Edéa, la mise en place du titre de transit rail-route, entre autres choses.

Outre les trois pays susmentionnés, il a été question de la Cemac tout entière à l’ouverture des travaux hier. Les ambitions pour une meilleure intégration ne manquent pas : interconnecter les systèmes informatiques douaniers des Etats membres, développer et professionnaliser les acteurs des transports, améliorer le réseau routier Douala/N’Djamena et Douala/Bangui, et développer le réseau ferroviaire, mettre en place un suivi des cargaisons par géo-localisation et par radiocommunication, etc.