Célestin Yandal : «Les ennemis de la liberté et du changement n’ont qu’à bien se tenir»

Etes-vous soulagé par le verdict rendu le 16 juillet dernier ?
J’étais jugé notamment pour tentative d’assassinat et vol aggravé, activité dangereuse et blessures légères en coaction. J’ai été relaxé pour le premier chef d’accusation et condamné à six mois d’emprisonnement avec une amende de 143 621 Fcfa pour le second chef d’accusation. Une peine que j’ai du reste déjà purgée depuis ma détention. Je prends acte et j’accepte comme tel ce verdict, encore qu’on ne commente pas les décisions de justice.

Feriez-vous appel de la décision?
Mes conseils et moi envisagons de faire appel dans la mesure où l’objectif visé dans cette condamnation est ma déchéance ou mieux, ma destruction politique.

Quel est le point sur les procédures pendantes ?
En ce qui concerne les procédures dans lesquelles je suis seul, trois sont pendantes dont une mise en délibéré le 20 août 2015, une autre débattue à moitié et la toute dernière se poursuivra ce 20 août également. Celles dans lesquelles je comparaîtrai libre sont également au nombre de deux et se dérouleront respectivement le 2 septembre, avec 13 autres jeunes pour fait de meurtre en coaction le 6 novembre 2013 à Touboro, et le 17 du même mois avec la 1ère adjointe au maire de Touboro pour faits de complicité de blessures à Bogdibo.

Quel est l’état de la mobilisation autour de votre cause ?
La mobilisation autour de ma cause n’est plus à démontrer dans la mesure où cette mobilisation ne se limite plus qu’à ma modeste personne, encore moins au simple Mayo-Rey. Elle est dorénavant nationale, voire internationale. Je profite de cette tribune pour dire merci du fond de mon cachot et exprimer ma reconnaissance à l’endroit de tous ceux qui, de loin ou de près, partagent mes souffrances, notamment ma famille politique au premier chef, mon président national Maïgari Bello Bouba, qui ne lésine sur aucun moyen pour me soutenir en prenant en charge mes conseils et autres commodités. Ma reconnaissance va aussi à l’endroit des organisations des droits de l’Homme en l’occurrence le Redhac, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (Fidh), l’Acta-France, le Codas Charitas Nord et bien d’autres. Mes remerciements vont également à l’endroit des médias. Un merci particulier aux populations de Tcholliré, Touboro, Madingring… Je rends un hommage appuyé à ma défunte épouse qui m’a toujours soutenu dans ce combat, à toute ma famille dont le soutien reste et demeure indéfectible. Enfin, un infini merci à mes enfants Linda, Merveille et Blandine qui prient sans cesse et me disent avec un sourire que «Tu seras libre».

Qu’en est-il de votre combat ?
Je ne suis que trop flatté, au regard de l’effet dominant et ce, malgré ma détention, que l’impulsion de l’énergie libératrice du Mayo-Rey fait sur son bonhomme de chemin et surtout, la célérité avec laquelle la contagion se passe sur le terrain. Même s’il est vrai que l’objectif principal de mes détracteurs est manifestement ma mort politique, il importe de dire sans ambages que le vent de la liberté, le vent du changement qui souffle n’a ni destination, ni frontières, et ne va pas s’arrêter au Mayo-Rey. J’ai la ferme conviction que je serai libéré très bientôt et que les ennemis de notre liberté et du changement n’ont qu’à bien se tenir parce que la prise de conscience est à son comble, étant donné que tout le monde voudrait à tout prix et à tous les prix mettre la main à la pâte, surtout qu’il y a des Yandal toutes les 24 heures. Je lance un vibrant appel aux jeunes du Mayo-Rey pour qu’ils se lèvent comme un seul homme et qu’ils continuent de dire non aux ennemis de notre liberté et de notre développement. Et si lutter pour sa liberté est un crime dans un Etat de droit, alors, qu’on nous condamne tous parce que nous luttons pour notre liberté. Je suis convaincu que nous y arriverons, car la liberté a toujours eu un prix à payer.