Can 2016, d-day: nous y voilà ! (dossier du jour)

Compétition. Depuis 1972, il a fallu attendre 44 ans pour voir le Cameroun organiser à nouveau la grande fête continentale du sport roi. Un accouchement qui a été difficile.

Un peu près de trois ans après avoir désigné le Cameroun comme pays organisateur de la Coupe d’Afrique des Nations féminine, l’attente a été longue et le jour-j est enfin là. Une attente qui a vu passer des hommes, aussi bien à la tête de la Fecafoot que du ministère des sports et de l’éducation physique. Une attente pendant laquelle on devait rénover les stades avec un timing contrôlé par les institutions faîtières que sont la CAF et la FIFA, pour le respect scrupuleux de leurs calendriers établis des années en avance. On se souvient que les premières dates annoncées étaient du 8 au 22 octobre 2016. Un retard effectif constaté dans l’évolution des travaux a fait dépêcher une commission composée de Joseph Owona, alors président du comité de normalisation de la Fecafoot à Zurich, accompagné d’Adoum Garoua, ministre des sports et de l’éduction physique (Minsep). La partie camerounaise avait obtenu du Comité exécutif de la Caf, réuni le mardi 26 mai 2015 à Zurich en Suisse, un sursis d’un mois. Ainsi, le tournoi a été renvoyé pour se jouer du 19 novembre au 3 décembre 2016 à Yaoundé et Limbe.

De nouveaux hommes, le même défi

Tombi A Roko Sidiki a posé ses valises à la Fecafoot, et Pierre Ismael Bidoung Kpatt est devenu le patron du Minsep. Les deux hommes ont pris le relais, et ont continué dans la même lancée, malgré les difficultés. Malgré toutes les mises en garde de la Caf et menaces de retrait de l’organisation de la Can féminine 2016 au Cameroun, la construction des stades bat de l’aile, et plusieurs états sont sur la liste d’attente. Il s’agit notamment du Gabon et de la Guinée équatoriale, deux pays d’Afrique centrale et d’autres pays à l’instar du Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Angola et la République démocratique du Congo attendent également avec impatience la déchéance du Cameroun. Plusieurs missions d’inspections vont faire trembler certains, mais le pays tient bon, il veut enfin organiser sa coupe d’Afrique féminine, galop d’essai de la CAN 2019, celle là en faveur des sélections  masculines du continent.

Le stade Omnisport de Yaoundé est quasi-prêt, celui de Limbé entièrement neuf a déjà accueillit de nombreuses rencontres aussi bien en journée qu’en nocturne. Pour la première fois, l’Afrique verra une CAN  féminine organisée dans deux villes bien distantes qui offrent deux stades de compétition, et huit stades d’entrainement. Malgré les budgets revus drastiquement à la baisse et le mini-scandale des bus retouchés à la va vite, le jour-j de notre CAN est arrivé, les équipes sont déjà toutes présentes, et le spectacle promis dans les aires de jeu n’attend plus que les spectateurs. A vos marques… la CAN est là !

David Eyengue


Lionnes et Pharaonnes en match d’ouverture

Yaoundé. Les deux équipes s’affrontent demain à partir de 15h30 au stade Ahmadou Ahidjo.

La Can féminine de football « Cameroun 2016 », s’ouvre demain, 19 novembre par le match opposant les Lionnes Indomptables aux Pharaonnes d’Egypte. Les deux équipes appartiennent à la poule A basée à Yaoundé.

L’Afrique du Sud et le Zimbabwe font partie de la même poule et disputeront le deuxième match à partir de 18h30 sur le même stade. Audelà du simple match d’ouverture, Cameroun – Egypte sera un véritable choc, au regard des enjeux.

Les Lionnes Indomptables tiennent à faire une bonne rentrée en compétition devant leur public, et le chef de l’Etat Paul Biya, annoncé pour cette ouverture de la Can féminine 2016. Les Lionnes, perdantes en finale contre le Nigeria lors de l’édition 2014 en Namibie ont juré de remporter ce trophée de la 10ème édition à domicile.

C’est la première fois que les deux équipes se rencontrent en compétition de cette envergure. Carl Enow Ngachu, le sélectionneur des Lionnes Indomptables, a pu roder son équipe par rapport à ce match à travers deux matchs contre la Tanzanie les 9 et 13 novembre derniers.

« Le choix s’est porté sur la Tanzanie, parce qu’elle a un jeu comparable à celui de l’Egypte, fait de vitesse », indiquait le technicien. Il a pu tirer les leçons à travers ce match et compte aligner une équipe capable de remporter les trois premiers points de la compétition.

Les Pharaonnes d’Egypte sont arrivées à Yaoundé depuis jeudi matin. Elles se sont entraînées à 21h le même jour au stade militaire de Yaoundé. C’était une séance de stretching au cours de laquelle elles ont juste effectué de petits exercices physiques avec beaucoup d’étirements. Elles ont effectué leur deuxième séance d’entraînement hier sur le même stade. La séance de reconnaissance de l’aire de jeu du stade Ahmadou Ahidjo aura lieu cet aprèsmidi à partir de 15h30.

L’effectif des Lionnes Indomptables affiche complet, avec l’arrivée hier soir de Gaëlle Enganamouit, ballon d’or africain 2015. L’attaquante de Rosengard (D1 en Suède) était retenue par son club pour  disputer le match retour de la Champions League de jeudi soir. La Lionne a été décisive au cours de ce match. Elle a été auteur d’un doublé et d’un passe décisive pour une victoire, synonyme de qualification
de son club pour la phase de groupe de cette compétition européenne. Pharaonnes, les Lionnes vous attendent !

Achille Chountsa

La chronique: La fête avant les fêtes

Et voici la Can. Notre Can. Quelle sera sa saveur ? Sucrée, amère ? On attend de savourer. Les tables sont dressées. Les convives sont là, le vin est tiré, il est temps de le boire. Surfant sur la ligne rouge, le Cameroun a pu se mettre à jour. Il y aura encore des coups de marteau par ci, des fils qui trainent par là mais le pays est prêt à relever le défi de l’organisation de la 10e Coupe d’Afrique des Nations de football féminin.

Selon plusieurs reporters, il pourrait s’agir d’une des plus grosses mobilisations depuis le lancement de cette compétition. Patriote à souhait, Junior Binyam le directeur de la communication de la Confédération africaine de football, déborde d’enthousiasme. Pour lui, il revient désormais à la CAF de se hisser au niveau d’organisation vers lequel le Cameroun a porté cet important rendez-vous footballistique.

Apparemment, le pays voulait tellement de cette Can qu’il a fait exploser les standards en matière d’organisation. L’hyperbole rode mais réjouissons- nous des faits. Le stade de Limbé est tout beau même si la pelouse commence à jaunir. Il fera des envieux. Le stade Ahmadou Ahidjo a l’allure d’une bonne vielle qui s’est fait un relifthing chez un bon spécialiste. Elle attend de séduire. Le stade militaire s’est transformé en une enceinte moderne et superbement équipée. Le magnifique pré s’ouvrira aux footeux. Les stades annexes ont de belles pelouses qui aideront les équipes présentes à réviser leurs gammes. Les autres aspects de l’organisation n’ont pas été négligés. Les délégations sont logées dans les meilleurs hôtels du pays et le dispositif de transport semble au point.

Finies donc les récriminations suscitées par un démarrage tardif des travaux. Oubliée la grossière récupération politique des thuriféraires du régime de Yaoundé qui n’en ratent pas une pour nous en mettre plein la vue. Sachons être à la hauteur de ces nations venues célébrer avec nous la formidable ascension du football féminin sur le continent. Sachons mériter de la réputation de pays hospitalier qui est la nôtre. Mettons nous en rang de bataille derrière nos Lionnes qui disposent de tous les moyens techniques et matériels pour aller chercher ce premier sacre continental. Le temps d’un tournoi de football, elles ont la lourde et historique responsabilité de soulager le  peines d’un peuple qui étouffe dans le combat pour la survie et qui vient d’être frappé d’un drame ferroviaire qui fera date. Croisons les doigts pour les filles de Enow Ngachu triomphent au soir du 03 décembre pour entamer la dernière ligne droite d’une année où on a soufflé le chaud et le froid. Mais si le sacre n’était pas au bout, sachons rester fairplay et trouvons nous d’autres favorites.

Dès ce samedi, Yaoundé et Limbé vont s’illuminer aux talents de meilleures footballeuses du continent. Sortons les carillons avant Noel car le foot c’est d’abord un festival de réjouissances. En dépit des vicissitudes d’une existence ardue, sachons garder la tête haute de même que ce rire hilare et débonnaire qui nous caractérise.

Restons dans cette insouciance relativiste qui repousse la vanité. Savourons donc ce moment de football qui se pointe juste avant les fêtes de fin d’année. Que la fête commence !

Hiondi Nkam IV

“La pression sera du côté du Cameroun”
Mohamed Mostapha, sélectionneur d’Egypte

Nous savons que le Cameroun, comme chez les messieurs, a une très bonne équipe. Nous respectons l’équipe du Cameroun et pour cela nous nous sommes préparés en conséquence et nous donnerons le meilleur de nous-mêmes pour ce match d’ouverture. C’est la deuxième fois que nous croisons le Cameroun. Nous savons que tout le public sera acquis à la cause du Cameroun et la pression sera du côté du Cameroun et non sur nous. L’équipe du Cameroun est mondialement reconnue. Nous la connaissons très bien. Nous respectons le Cameroun sans avoir peur.

Propos recueillis par A.C.

Mfandena à guichets fermés

Can féminine 2016. Les derniers billets du match Cameroun – Egypte ont été vendus dans l’après-midi d’hier à Yaoundé. Aux alentours de 14h hier 17 novembre 2016, il est difficile, voire impossible de s’offrir un ticket pour le match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations de football féminin. C’est à guichets fermés que les Camerounaises recevront les Egyptiennes pour la 1ère journée dans la poule A.

Le 8 novembre dernier, la Commission billetterie avait mis en vente des billes d’accès au stade Omnisports Ahmadou Ahidjo de Yaoundé. Après des débuts timides, ces billets se sont arrachés comme des petits pains par des supportes attendant de revivre en direct une compétition continentale 44 ans après. Pour la plus part des fans rencontrés hier, c’est la belle prestation de la bande à Christine Manie lors des matchs amicaux qui a motivé ce retour dans les stades.

Six points de vente ont été retenus pour écouler les 240 000 tickets. Le stade Omnisports Ahmadou Ahidjo, le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep), la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) et l’Injs. A partir de 1 000 Fcfa, le supporter aura l’occasion de pénétrer la cuvette rénovée de Mfandéna. Le billet de « kolo » donne accès au virage.

Il faut débourser deux fois plus pour s’asseoir aux tribunes A et B. La tribune d’honneur coûte 5 000 Fcfa. L’accès à la tribune présidentielle se fera sur invitation lors de la 1ère journée. Un montant sera arrêté pour la suite du tournoi. La ville de Limbé abrite la poule B. 12 000 tickets sont en vente pour les deux premiers matchs dimanche prochain. Le Nigéria jouera contre le Mali à 16 heures. Le Ghana défiera le Kenya à 19 heures. Les prix des billets varient entre 500 Fcfa, 1 000 Fcfa, 1 500 Fcfa, 2 000 et 3 000 Fcfa. Ils sont disponibles à l’hôtel de ville, à la délégation régionale des Sports et de l’éducation physique, au stade Omnisports et à la place des fêtes. Tous les billets sont magnétisés afin de garantir leur sécurité.

Chacun d’eux sera introduit dans un tourniquet déjà installé au stade. Ils sont munis d’une puce électronique qui permet d’ouvrir le tourniquet. Celui-ci s’ouvrira et donnera accès au stade. Le ticket sera à usage unique. Une fois que vous êtes déjà entré au stade, vous devrez acheter un nouveau parce que le tourniquet ne s’ouvrira pas avec le même billet.