Camp de réfugiés de Borgop: du soutien pour les enfants vulnérables

Hamidou, 11 ans, Centrafricain séparé de sa mère après une attaque des anti-balakas dans son école, bénéficie, comme 115 autres enfants vulnérables dans ce camp, de l’encadrement de l’Unicef

 

A onze ans, Hamidou est orphelin de père et ne sait pas où se trouve sa mère. Réfugié au Cameroun depuis un an, il a été victime de la maltraitance que lui infligeait sa tante. Il vit aujourd’hui dans une famille d’accueil où il reçoit l’affection et l’encadrement nécessaires à un enfant.

Protéger les enfants, une priorité
A Borgop, dans la région de l’Adamaoua, 115 enfants vulnérables, séparés de leurs familles du fait de la guerre ou victimes de maltraitance et d’exploitation, de violences, sont enregistrés en date du 03 septembre 2015. Ils reçoivent le suivi psychosocial nécessaire à leurs différents cas; à travers des activités récréatives et éducatives mises en œuvre par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), à travers le financement du gouvernement japonais élevé à 3.000.000 de dollars. Sur le terrain, l’ONG, International medical corps (IMC), un partenaire de l’Unicef, mène les activités dans huit espaces aménagés au sein des Espaces temporaires d’apprentissage et de protection où sont scolarisés de 4303 enfants.

Hamidou a été séparé de sa mère quand il s’est enfui de la Centrafrique, à la suite d’une attaque des anti-balakas contre l’école coranique où il était scolarisé. Arrivé au Cameroun avec sa tante, Hamidou n’a connu que des souffrances auprès d’elle. Il a été victime d’exploitation. Il nous a raconté que c’est à lui qu’il incombait de faire les corvées de la maison, que sa tante le battait et qu’il était souvent arrivé qu’il soit privé de nourriture. Négligé, Hamidou n’allait pas à l’école contrairement aux quatre autres enfants de la maison. Il passait ses journées à travailler. Un jour il a quitté l’abri de sa tante, et a trouvé asile au marché. Préférant affronter le froid, il lui a fallu puiser de l’eau pour des femmes du marché en échange de nourriture.

 

«Un enfant déconnecté de la réalité de son environnement», C’est l’expression qu’a employée un spécialiste de la protection d’enfant dans les espaces temporaires d’Apprentissage et de Protection (ETAPEs), Balde Mamadou Dian, pour décrire l’état psychologique de Hamidou lorsqu’il a été pris en charge. «Au début Hamidou ne jouait pas avec les autres enfants il restait dans son coin tout seul, et ne parlait presque jamais. Il fuyait le regard des autres et gardait obstinément la tête baissée lorsqu’il était entouré de personnes étrangères», explique-t-il.

Tentative de réconciliation
Des démarches avaient été entreprises par les travailleurs sociaux de l’équipe de protection pour améliorer les relations entre Hamidou et sa tante. Mais en vain, l’enfant ne voulait pas retourner dans le domicile de sa parente. Selon l’un des animateurs qui l’encadre, c’est avec beaucoup de larmes que Hamidou a expliqué quelles étaient ses raisons. Du côté de sa tante, nous raconte-t-on, c’était un bon débarras, elle considérait l’enfant comme une charge supplémentaire.

Selon Balde Mamadou Dian, cela fait sept mois que Hamidou a été confié temporairement à une famille de réfugiés. Les soins et l’encadrement que lui prodigue sa nouvelle maman, Hadjidja Houseini, lui ont permis de s’intégrer, dans le nouvel environnement familial. «Au début, il préférait continuer de vagabonder au marché. Il fallait envoyer les enfants le chercher lorsque le repas était cuit, et c’est à ce moment qu’il revenait à la maison. Après J’ai pris l’habitude d’aller le chercher moi-même, je le tenais par la main et on rentrait ensemble. J’ai veillé à ce qu’il fasse toutes les activités avec mes autres enfants. Quand il fallait puiser l’eau je les envoyais tous ensemble, nous mangions en famille. C’est ainsi qu’il a petit à petit commencé à s’habituer et puis il est resté», nous a confié Hadjidja Houseini.

Lorsque nous l’avons rencontré le samedi, 03 septembre 2015, dans les étapes protection où il est scolarisé, il s’amusait avec d’autres enfants, jouant avec des kits récréatifs offerts par l’Unicef. Balde Mamadou Dian, se montre optimiste quant à son évolution scolaire. Il indique par ailleurs qu’un oncle d’Hamidou a été retrouvé dans un village proche du site et qu’une rencontre avec lui devrait permettre de statuer sur son avenir.