Cameroun – Yaoundé-Nsimalen: Les études géotechniques mal réalisées plombent le projet

Les chiffres révélés par le comité de pilotage interministériel sont inquiétants : 20% seulement de réalisation alors que le taux de consommation des délais est de 40% environ.

C’est la réalité du chantier de construction de l’autoroute Yaoundé -Nsimalen. Les travaux lancés en juillet 2014 avancent à pas de tortue. La raison évoquée est la mauvaise conduite des études d’avant-projet.
Pour justifier le retard enregistré, les ingénieurs de l’entreprise China Communications construction Company Ltd, adjudicataire des travaux de la section dite «rase campagne», accuse le relief constitué de «deux collines et de marécages récemment découverts». D’autres problèmes ont considérablement ralenti le projet dans sa section rase campagne qui part du rond-point Nsimalen à la station MRS d’Ahala, soit 10,8 km. Il s’agit de la libération des emprises, la validation des études géotechniques, les difficultés de dédouanement des équipements au Port de Douala, etc, selon Slim Jerbi, directeur des infrastructures de transport et aménagements côtiers à Studi international, contrôleur des travaux.
Les études techniques réalisées par le bureau Scet international, n’ont pas été très justes. Jean

Claude Mbwentchou, le ministre de l’Habitat et du développement urbain, et son collègue des Travaux publics (Mintp) Patrice Amba Salla, membres du Comité de pilotage du projet, se sont dits aussi inquiets, le 10 septembre dernier, de la non prise en compte des marécages qui deviennent importants. Ce qui renchérit les coûts des travaux et exigent des travaux supplémentaires et semble rallonger la durée des travaux. Slim Jerbi explique que «Yaoundé est une zone tropicale, avec un relief accidenté, avec beaucoup de vallées. Il y a création de zones marécageuses entre les collines».
De même, la question du pont à construire sur la Mefou fait problème. Il ressort que le lieu identifié  pour l’ouvrage présente des failles pouvant compromettre la qualité du pont. L’on est en train de procéder à de nouvelles études pour s’assurer que le site ne présente pas de dangers. Si le risque des failles est confirmé, il faudra déplacer le pont. Ce déplacement aura forcément des conséquences sur l’avancée des travaux.
Les indemnisations ont déjà été effectuées dans les départements de la Mefou et Afamba et de la Mefou et Akono. Un décret du Pm signé le 17 août 2015, ouvrait la voie aux indemnisations dans le Mfoundi. La section rase campagne, longue de 10,6 km coûtera 36,7 milliards de francs Cfa. La section dite urbaine de cette autoroute, également longue de 10 km, a déjà été attribuée à trois entreprises. Il s’agit de Synohydro (5,8 km), de la China Road and Bridge Corporation (1,9 km) et d’Arab Contractors (2,1km). Longue de 20 km au total, l’autoroute Yaoundé-Nsimalen devra globalement coûter 154 milliards de francs Cfa. On table sur 40 à 45% d’avancées fin 2015.
La livraison du chantier est attendue quant à elle en 2017. Avec ses 2×3 voies, l’autoroute Yaoundé-Nsimalen vaut bien les 39 milliards nécessaires à la construction de sa section rurale et bien plus quand on aura terminé l’évaluation financière de la section urbaine.