Cameroun : Sécurisation de l’état civil , à l’épreuve du terrain

Après la réforme de 2011 et la création du Bureau national de l’état civil pour la constitution d’un fichier national, les officiers d’état civil continuent de travailler comme avant.

Les registres d’état civil sont toujours remplis à la main. Des centaines de feuillets d’actes de naissance, de mariage et de décès continuent de subir l’usure du temps sur les tables et étagères des centres d’état civil. A la Communauté urbaine de Yaoundé, les actes de naissance et de décès ne sont plus délivrés depuis 1988.

Les archives ici vont donc de 1933 à 1988. Selon une source qui a requis l’anonymat, des agents du Bureau national de l’état civil (Bunec) se sont rendus dans les locaux du service d’état civil, mais ont plié bagage moins d’un mois plus tard, après avoir enregistré quelques archives.

A la mairie de Yaoundé 1er, le chef de service d’état civil baigne au milieu des registres de 2016 dans son bureau. Thomas Didier Ndongo Nkoa n’a pas encore trouvé d’espace pour ranger ces archives comme le prescrit la loi. Lui aussi a reçu la visite des agents du Bunec. « Ils ont photographié quelques actes dans les registres et sont partis sans rien nous dire de concret pour la suite », retient-il de ce séjour bouclé en décembre 2016.

Dans la salle voisine à la sienne, des usagers se bousculent devant les secrétaires pour se faire établir des actes. Désormais, chaque centre doit fournir trois exemplaires par registre, à déposer au greffe du tribunal, au Bunec et aux archives du centre d’état civil. Ce qui accroît le nombre de documents à signer.

Autre changement, la dénomination des centres spéciaux en centres secondaires. A Etoa-Meki, l’officier du centre secondaire créé en 2005  relève que la forme de l’acte de naissance a déjà changé. Pour le reste, il n’en est rien. Installé à la véranda d’un domicile avec ses cachets et ses registres, et épaulé par deux secrétaires, Théophile Awono Ndjana dresse environ 500 actes par an.

Il se plaint du manque d’infrastructures et de l’absence de prise en charge du personnel. M. Awono Ndjana s’impose l’achat des registres à l’imprimerie nationale, à ses frais. Avec la nomination des délégués régionaux du Bunec, tous espèrent l’accélération du processus pour constituer le fichier national de l’état civil.