Cameroun – réaménagement du gouvernement: Les raisons du parachutage de Mebe Ngo’o aux transports

Personne ne vendait chère la peau de l’ancien Mindef dans son maintien au gouvernement. Désormais, la carrière gouvernementale de Mebe Ngo’o dépend des résultats obtenus dans la relève de la Camair-Co à l’aide de ses propres fonds.

Pour les détracteurs du nouveau ministre en charge des Transports, la nouvelle de son maintien au gouvernement réaménagé le 02 octobre dernier était tombée comme un coup de massue. Certains réseaux avaient déjà aménagé les cellules Vip du Sed pour Mebe Ngo’o. Pourtant, aucune enquête judiciaire n’était ouverte contre lui. Dans sa gestion catastrophique de l’armée camerounaise, on constate que la justice ferme les yeux sur ce département ministériel, univers des prédateurs des finances publiques. Le regret porte qu’au ministère de la Défense, le système des marchés publics reste spécialisé contrairement à ce qui se passe dans les procédures ordinaires contrôlées par l’Armp et le Ministère des marchés publics(Minmap). Ce qui obstrue toute idée de poursuites judiciaires contre Remy Zeh Meka et Alain Edgar Mebe Ngo’o, tous des anciens Mindef entre 2004 et 2015.
A Zoetele, localité où les deux frères sont natifs, certaines sources locales ont taxé Paul Biya de père injuste dans le sort réservé à Remy Zeh Meka après sa débâcle du gouvernement contrairement à Mebe Ngo’o dont les casseroles font peur, mais qui poursuit son tour de ministères avec la bénédiction du chef de l’Etat. Les défenseurs de « Bad Boy » auraient souhaité que l’homme de Nkolfong retrouve aussi Zeh Meka, Jean Jacques Ndoudoumou et si oui Polycarpe Abah-Abah dans la disgrâce mais Paul Biya en a décidé autrement. De plus, la réaction du chef de l’Etat vis-à-vis de celui qu’on appelle son fils adoptif semble être plus salutaire pour le bien-être du Cameroun et à partir de là, on pense comprendre que les actes du numéro un camerounais n’ont jamais été l’oeuvre d’un hasard, mais d’un homme qui maîtrise les rouages politiques et économiques de sa nation.

Procès contre Mebe Ngo’o
Selon les sources concordantes puisées auprès du chef de l’Etat, les rapports houleux dans l’enrichissement scandaleux de l’ancien Directeur du Cabinet civil sur le dos de l’Etat sont parvenus au président de la République et avec des preuves à l’appui. Pour les adeptes de la trahison et des intrigues politiques au sein du sérail, l’étau devait se resserrer autour de Mebe Ngo’o grâce aux étonnements et gestes du chef de l’Etat après la lecture de ces rapports. Pour plus de précisions, il a été rapporté à Paul Biya qu’entre 1998 et 2015, l’ancien préfet de l’Océan aurait accumulé une fortune diverse estimée à 1000 milliards à partir des postes juteux qu’il a tour à tour occupé notamment : Directeur du cabinet civil du président de la République entre 1998-2011, Délégué général à la sûreté nationale entre 2004-2009 et ministre en charge des Forces Armées entre 2009-2015. 17 ans de prestige à la tête des boîtes exemptes de tout contrôle . Pourquoi ne pas devenir plus riche que Crésus ?

La réaction de Paul Biya
Entre jeter en prison un homme extrêmement riche et assis au coeur du renseignement dans le pays ou procéder à la récupération des fonds volés, la deuxième hypothèse pour le chef de l’Etat s’avérait plus plausible. Mebe Ngo’o sera muté au ministère des Transports avec un sursis de relever cette entreprise en utilisant ses propres fonds emmagasinés. Sera-t-il à la hauteur de sa tâche ? Là est toute la question devant une compagnie aérienne nationale prise en otage par les gourous du régime. Edouard Akame Mfoumou, le Pca et frère du chef de l’Etat acceptera t-il de jouer sur le même terrain que Mebe Ngo’o alors qu’il faut considérer les relations froides entre les deux pontes du régime et proches du chef de l’Etat ? Avec quel argent Mebe Ngo’o relèvera la Camair-Co et quelles sont les garanties de sa liberté après cette mission délicate à lui confier ? Dans tout les cas, les enjeux d’une succession de Paul Biya enfoncent de plus en plus ses enfants. Le chef de l’Etat poursuit ses recherches sur l’oiseau rare.