Cameroun – Rapport 2014 de la CONAC: Les administrations les plus corrompues

Du Ministère de l’Éducation de Base à la Camerounaise des Eaux en passant par les hôpitaux, plusieurs administrations publiques figurent en tête du classement des institutions corrompues.

Le rapport 2014 de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) est disponible depuis quelques jours. Publié le 27 juin 2016, le volumineux document permet de se rendre compte que la corruption se porte toujours aussi bien dans certaines administrations publiques. S’appuyant le ledit rapport, La Nouvelle Expression (LNE), édition du 1er juillet 2016, a établi un classement des administrations les plus corrompues.

On retrouve aux premières loges le Ministère de l’Éducation de Base (MINEDUB). «Au nombre de ces derniers, le département ministériel de Youssoupha Adidja Alim. Dans le rapport 2014 de la CONAC, un listing est fait des investigations relatives aux dénonciations d’actes de corruption», mentionne le journal.

L’on peut ainsi noter que de nombreuses affaires ont été recensées: «détournements des derniers publics et manipulations des parents d’élèves, des perceptions de frais illicites, des détournements de frais de fonctionnement des écoles primaires, des détournements de frais d’APE, des arnaques des parents d’élèves pour l’obtention des Certificats de scolarité dans le cadre des dossiers CNPS (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale), etc.»

L’éducation est bien représentée puisqu’après le MINEDUB, on retrouve le Ministère des Enseignements Secondaires(MINESEC). «Dans le document, Massi Gams (Président de la CONAC, NDLR), et ses collègues présentent 39 cas de corruption ayant fait l’objet de sanction au département ministériel alors géré par feu Louis Bapes Bapes. Les mis en cause étant notamment des Directeurs, économes, conseiller d’orientation, Proviseurs et des responsables des délégations départementales, etc. Si la majorité des objets de ces affaires se recrute au sein de la  distraction de fonds, l’on retrouve aussi les relations coupables avec les élèves, la perception de frais illégaux, le non-respect de la réglementation sur les admissions par concours», détaille LNE.

Le Ministère de la Santé Publique (MINSANTE) n’est pas en reste avec, notamment, les hôpitaux. Notre confrère indique que, selon le rapport, les pratiques de corruption sont enregistrées dans des hôpitaux tels que le Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHUY). «Ce dernier compte à lui seul au cours de l’année 2014, 32 cas de dénonciations. Il s’agit notamment de double facturier en usage en pharmacie de l’hôpital, faux tickets de médicaments en circulation».

Un autre hospice qui est cité ici est l’hôpital Jamot de Yaoundé. Selon la CONAC, «les natures des infractions sont de l’ordre du rançonnement des usagers par les agents de morgue, la falsification des résultats de laboratoire, la vente parallèle de médicaments». Au-delà de ces deux hôpitaux, le rapport de la CONAC présente également des infractions dans des formations sanitaires telles que: l’hôpital régional de Ngaoundéré, l’hôpital régional de Limbe et divers centres de district. Les personnels mis en cause étant notamment des médecins, des agents de sécurité, des femmes de ménage, des électriciens, etc.

Pour ce qui est du Ministère de l’Eau et de l’Énergie, AES-SONEL et la Camerounaise des Eaux (CDE) sont pointées du doigt. LNE indique à ce propos que «la CONAC dénonçait notamment  les pratiques de rançonnement et corruptions perpétrées par certains agents de AES-SONEL. Au-delà de ces rançonnements, des présomptions de détournement de fonds ont été signalées par l’organe de Massi Gams. L’on a par exemple, les soupçons de mains basses sur les fonds alloués à l’électrification villageoise des certaines circonscriptions.  Il s’agit par exemple des villages d’Apouh et Mbeve 1 par Mbouda, celle du tronçon Ombessa Centre-Guientsing dans le Mbam et Inoubou, l’exécution incomplète d’un projet d’électrification  dans l’arrondissement de Karay dans l’arrondissement de l’Extrême-Nord». A la CDE, «L’on a ainsi, des dénonciations de facturation forfaitaires des consommations par les agents de la CDE», écrit LNE.