Cameroun: Quel impact pourrait avoir un partenariat commercial avec le Nigeria sur les APE ?

Pour le panel d’invités présents à la 5e édition du programme E-TALK d’Ecam, tenue le 06 octobre 2016 à Douala, ce partenariat pourrait atténuer les effets néfastes de cet accord entre le Cameroun et l’Union européenne.

L’Accord de partenariat économique(APE) entre le Cameroun et l’Union européenne (UE) est officiellement entré en vigueur le 04 août 2016, au grand dam des partenaires régionaux et des opérateurs économiques. 237online.com Signer un accord de libre échange avec le Nigeria serait l’une des solutions que devrait explorer l’État s’il veut minimiser ses conséquences négatives sur le tissu industriel local. C’est du moins l’avis de Célestin Tawamba, opérateur économique, directeur général de Cadyst Invest et invité de la 5e édition du programme E-TALK d’Ecam (Entreprises du Cameroun), tenue le jeudi 06 octobre 2016 sur le thème « Aujourd’hui les APE, comment y faire face efficacement ?». Pour l’opérateur économique, il est certain qu’un accord commercial avec ce géant de l’Afrique de l’Ouest donnerait une bouffée d’air frais aux entreprises camerounaises qui commencent à étouffer depuis l’entrée en vigueur des APE signé par le Cameroun en juillet 2014. « C’est avec

le Nigeria que nous souhaitons avoir des accords de libre échange et non avec l’APE qui est le véritable directeur commercial de l’UE. Je ne vois pas comment on atteindra l’émergence si on ouvre nos frontières aux entreprises qui viennent seulement écouler leurs produits », a indiqué Célestin Tawamba. Et d’ajouter avec une voix pleine d’émotion que tout ce que nous pouvons exporter en masse vers l’Europe sont les hommes mais les européens n’en veulent pas. Bien décidé à faire entendre sa voix après avoir été titillée, Chantal Elombat, directeur du Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN), affirme que pour s’en sortir, les industries locales doivent être compétitives avec celles des pays limitrophes, notamment le Nigeria. Le Cameroun doit en outre entreprendre une politique d’industrialisation orientée vers la transformation des ressources locales notamment agricole ; instaurer une politique commerciale basée sur l’amélioration significative de tissu industriel. Le directeur du BMN mise également sur la mise à niveau des entreprises en témoigne 380 demandes d’adhésion, 150 entreprises pré-diagnostiquées, 32 diagnostics de mise à niveau réalisés… enregistrés à la fin septembre 2016 par l’organisme placé sous la tutelle du ministère de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat). Pour Babissakana, ingénieur financier, il n’hésite pas de solution miracle, mais des pistes de solutions à creuser par le gouvernement. « La rentabilité des APE n’est pas établie ; ce n’est pas en Europe qu’on doit aller chercher le libre échange mais avec l’Asie qui est entrain de devenir le centre de gravité de l’économie mondiale. L’Europe est en déclin et ce déclin est progressif », a analysé le cofondateur du cabinet Prescriptor. L’on devrait aussi, fidéliser le marché national, aider les entreprises locales à se développer, évaluer la position de chaque filière ensuite évaluer les menaces qu’elle en court afin de trouver des solutions pour les amoindrir. En plus de ça, rappelle Pierre Célestin Ayomba Elembe, représentant ce jour le Minepat, de nombreux organismes d’appui sont mis en place par l’État pour renforcer la compétitivité des PME/PMI et affermir les capacités de la douane en termes de recettes douanières. Il s’agit entre autres de la Bourse de sous-traitance et de partenariat (BSTP), l’Agence de promotion des petites et moyennes entreprises (APME)…