Cameroun – Protection de l’environnement: « Froid et climatisation », un métier dangereux pour la couche d’ozone

Les fluides frigorigènes utilisés dans les systèmes de refroidissement et de conditionnement d’air, font partie des substances qui détruisent l’enveloppe gazeuse qui nous protège contre les rayons ultraviolets.

Les experts en la matière ne transigent pas là-dessus. Les substances qui fragilisent et appauvrissent la couche d’ozone, proviennent davantage de l’industrie frigorifique. A travers la fabrication et la réparation, des réfrigérateurs, des congélateurs et des climatiseurs, les techniciens du froid manipulent des fluides frigorigènes nocifs à l’environnement. Même si les statistiques ne sont pas encore établies, l’urgence est tout de même signalée. « Pour protéger la couche d’ozone et lui permettre de jouer son rôle de filtre de rayonnement ultraviolet du soleil et de bouclier protecteur de la vie sur terre, il faut s’attaquer aux substances qui fragilisent et appauvrissent la couche d’ozone. A l’instar des fluides frigorigènes »,  souligne Peter Ayuk Enoh, directeur du Contrôle et standard au ministère de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded). L’industrie de fabrication des mousses, tout comme l’agriculture ne sont pas épargnées. Pour ce dernier volet,

les experts notent également l’utilisation de façon récurrente du bromure de méthyle pour lutter contre les parasites. Moins stable et ininflammable ce composé chimique employé en fumigation permet de lutter contre des parasites qui peuvent attaquer des cultures et denrées stockées ou transportées.
Au Minepded, bien que le programme réduction de 10% jusqu’en 2015 de la consommation en hydro-chlorofluorocarbone, soit présenté comme la principale mesure pour réduire la menace environnementale, le ministre Pierre Hele, n’entend pas croiser les bras. « Nous envisageons de doter les techniciens de froid et de la fabrication des mousses des équipements de reconversion harmonieuse pour l’utilisation des substances autorisées », indique-t-il.

Des efforts restent à faire
La convention de Vienne et le protocole de Montréal dont le Cameroun est signataire sont deux instruments juridiques internationaux qui visent à mettre un terme à l’utilisation des substances nocives à l’ozone et à encourager le recours à des substances non néfastes pour la couche d’ozone. Au cours des trois dernières décennies, ces instruments juridiques ont galvanisé 197 Etats à travailler ensemble sur l’élimination des substances appauvrissant l’ozone. Toutefois, il se trouve que malgré les efforts déjà déployés, beaucoup reste à faire. « Le Cameroun à l’instar des autres pays a négocié et obtenu tout récemment, l’appui des différents partenaires techniques et financiers comme le Pnue, l’Onudi et le Pnud », relève Pierre Hele. Ceci dans le cadre du fonds multilatéral pour soutenir les efforts dans la mise en œuvre des dispositions du protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone. A terme ce soutien, a-t-on appris, devra être une réponse efficace pour restaurer pleinement la couche protectrice contre les rayons ultraviolets. Lesquels rayons sont à l’origine des maladies telles que : les cancers de la peau, les infections oculaires, l’affaiblissement du système immunitaire, le ralentissement de la croissance de certaines cultures, sans compter les dommages dans les écosystèmes marins.