CAMEROUN : POINT DE VUE : L’INTERNATIONALISATION DU CONTENTIEUX ÉLECTORAL ET L’ACTION POLITIQUE SUR LE TERRAIN.

[POINT DE VUE]

Si la déclaration de recevabilité du recours introduit par le MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, ndlr) et ses alliés, auprès des instances compétentes de l’Union Africaine est une excellente nouvelle, tant elle ouvre des perspectives nouvelles de sortie de crise, elle peut aussi avoir l’inconvénient d’émousser l’ardeur militante du peuple du changement.

Le risque de focalisation sur la solution juridique est réel, car elle semble séduisante par le raffinement intellectuel d’une telle démarche et son côté “civilisé “, sans casse…

Si à terme, elle peut s’avérer redoutablement efficace quant à la réponse juridique à la mascarade électorale de Yaoundé, elle n’est une solution idoine que pour les honnêtes gens. C’est-à-dire pour des protagonistes disposés à accepter et à faire appliquer des décisions de justice.

L’écueil ici, c’est qu’en face, on a à faire à un véritable État voyou, qui au fil des temps, a fait l’étalage de la dimension réelle de son caractère anti-légal.

Le prononcé ou la mise à disposition d’une décision d’une instance juridictionnelle ne suffit toujours pas à produire des effets de droit.

Il faut souvent exécuter ou faire exécuter la décision de justice. C’est donc à ce niveau qu’il faudra fortement préjuger de la mauvaise disposition des “officiels” camerounais à se soumettre à une décision qui leur serait défavorable.

[InArticle]

La complexité de l’exécution forcée d’une décision de justice contre un gouvernement récalcitrant impose des délais qui s’accommodent mal de la durée des mandats et du rythme de la vie politique normale dans un État.

Il faut donc prévoir que Paul BIYA et ses complices multiplient des dilatoires et une obstruction à la matérialisation de la justice.

Dès lors, plus que jamais, les démarches politiques envisagées par le MRC et ses alliés, visant à faire avancer la démocratie et L’État de droit au Cameroun, doivent être renforcées.

Cette démarche politique que j’appelle la voie insurrectionnelle, viendra en soutien de la démarche juridique, à défaut de suffire à elle toute seule, à libérer le Peuple Camerounais, de la plus vieille dictature en Afrique.