Cameroun – Morale chez les jeunes, L’affaire de tous

Le ministre de la Jeunesse et de l’Education civique (MINJEC) a pris son bâton de pèlerin le 14 janvier dernier, pour aller rencontrer les jeunes résidant dans les sept arrondissements du département du Mfoundi, dont le chef-lieu est Yaoundé, par ailleurs capitale du pays. Mounouna Foutsou s’est rendu dans les établissements scolaires, les marchés, les clubs chargés de promouvoir l’éducation civique en milieu jeune. Au menu des entretiens et causeries éducatives : la sensibilisation de la jeunesse, de tous bords, sur l’éducation civique, la morale, des valeurs qui déclinent dans nos grandes métropoles et même en milieu rural. L’actualité est abondante des comportements déviants de certains jeunes : consommation de la drogue, délinquance juvénile, non-respect des aînés, des parents et bien d’autres maux. L’on garde encore en mémoire des actes répréhensibles perpétrés dans un édifice public par quelques jeunes du célèbre quartier de la Briqueterie. Ces actes regrettables et bien d’autres, commis sous d’autres cieux, n’honorent pas cette jeunesse qui semble avoir perdu les repères.
C’est donc un euphémisme de dire que la morale a foutu le camp dans notre société, et beaucoup plus chez les jeunes. Combien sont-ils ces jeunes qui écoutent et mettent en pratique les prédications et prêches des hommes de Dieu – prêtres, pasteurs et imams ? Qui se donne encore la peine de respecter les règles de bienséance, le droit d’aînesse, et bien d’autres principes élémentaires que commande la vie sociale ? La campagne nationale d’éducation civique de promotion d’insertion sociale est un rappel qui tombe à point nommé. Le MINJEC a donné le ton à partir de Yaoundé. Aux autorités administratives, religieuses, traditionnelles de prendre le relais, afin que la campagne touche le plus grand nombre de jeunes, à travers le pays. L’on ne saurait limiter l’opération à la seule capitale du pays. Les pouvoirs publics ont défini le cadre national d’épanouissement de la jeunesse à travers diverses structures d’encadrement, notamment la création du ministère dédié à la jeunesse. Le Conseil national de la jeunesse et ses démembrements régionaux, départementaux et communaux vise une meilleure prise de conscience des problèmes des jeunes et leur responsabilisation dans la gestion des affaires publiques.
Si les jeunes sont, en premier lieu, blâmables pour les écarts de comportements relevés dans leur conduite au quotidien, l’on ne saurait mettre sous le boisseau la responsabilité des autres acteurs sociaux dans cette déconfiture généralisée. C’est toute la société qui est interpellée pour changer la donne. Comment expliquer la démission de certains parents dans l’éducation de leurs propres enfants, lorsqu’ils se contentent de « refiler le bébé » aux seuls enseignants, sans aucun suivi, une fois que l’enfant est à la maison ? Et ce n’est pas pour rien qu’on parle de communauté éducative, une expression qui ne renvoie pas seulement à l’instruction, ni à l’acquisition des connaissances livresques. Dans les sociétés traditionnelles africaines, par exemple, la conception communément admise est que l’enfant n’appartient pas seulement au géniteur, mais à la société toute entière. Il
n’y a pas de honte à recourir aux valeurs positives de nos traditions pour redorer le blason de la morale dans notre société.