Cameroun – Médias: A deux jours de sa prochaine audience, RFI demande une fois de plus la libération de son correspondant au Cameroun

Le mercredi 7 décembre prochain, les juges du tribunal militaire de Yaoundé devront se pencher pour la 9e fois sur le cas d’Ahmed Abba.

La direction de Radio France Internationale (RFI) a de nouveau demandé lundi la relaxe de son correspondant au Cameroun, Ahmed Abba, avant une audience mercredi de son procès pour complicité présumée «d’actes de terrorisme». «Un an, quatre mois et huit jours de détention, c’est beaucoup trop pour un innocent !», écrit dans un communiqué la radio publique française très écoutée en Afrique.

Arrêté le 30 juillet 2015, M. Abba, correspondant en langue haoussa de RFI, est poursuivi pour «complicité d’actes de terrorisme» en lien avec les jihadistes nigérians de Boko Haram, et «non-dénonciation des actes de terrorisme». M. Abba, qui a toujours clamé son innocence, risque la peine de mort, peine prévue par une loi camerounaise sur la lutte contre le terrorisme en vigueur depuis fin 2014.

«Après neuf renvois d’audience en audience, le dossier reste absolument vide», souligne RFI, qui rappelle que «le commissaire du Gouvernement a fini par reconnaître le 3 août dernier que les témoins – qui devaient apporter la preuve de (sa) culpabilité – n’existaient pas, ce mercredi 7 décembre, les juges devront donc se pencher pour la 9e fois sur le cas d’Ahmed Abba, un journaliste dont le travail, vérifiable et vérifié, est irréprochable. La direction de France Médias Monde et de RFI souhaite que cette audience soit la dernière, et que la relaxe d’Ahmed Abba soit enfin prononcée», conclut RFI.

La dernière audience a eu lieu le 19 octobre dernier. Les juges ont agréé le rejet d’un expert et le rapport qu’il avait produit comme preuve de la culpabilité de M. Abba comme souhaité par la défense. Le tribunal a nommé un nouveau collège d’experts, deux en l’occurrence, qui dispose d’un délai d’un mois pour analyser et produire un nouveau rapport d’expertise.

Tous les objets recueillis chez Ahmed Abba sont présentés au tribunal comme pièces à conviction. Ce nouveau rapport sera débattu contradictoirement dans le fond entre l’accusation et la défense à la prochaine audience le 7 décembre 2016.