Cameroun – Mécanisation de l’agriculture: Des machines pour remplacer la houe

Cependant, du chemin reste à faire pour qu’elle soit effective. C’est un truisme que de dire que l’agriculture de seconde génération rime avec la mécanisation.

D’où, la nécessité de substituer les méthodes artisanales par des pratiques modernes de l’agriculture qui incluent le machinisme agricole. Ceci suppose l’utilisation de tracteurs, camions, moissonneuses-batteuses, hélicoptères ou tout autre véhicule d’utilisation agricole. Ce, pour une meilleure productivité. Dans le but de rendre concrète l’industrialisation de l’agriculture camerounaise, les pouvoirs publics ont donc engagé un certain nombre d’initiatives au rang desquelles, l’adoption d’une stratégie nationale de mécanisation de l’agriculture qui  participe de la volonté de promouvoir l’agriculture de seconde génération.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la mise sur pied d’une usine de montage des tracteurs et de fabrication d’équipements agricoles à Ebolowa, fruit de la coopération entre le Cameroun et l’Inde. Ce complexe agro-industriel a pour vocation de desservir en «matériels agricoles de haute qualité», le territoire national et les pays de la sous-région Afrique centrale. Si d’après les pouvoirs publics, cette usine est déjà opérationnelle, plusieurs acteurs du secteur agricole soutiennent pourtant le contraire. Toutefois, la mise en service effective de cette usine est un élément déterminant pour l’arrimage à une agriculture de seconde génération, c’est-à-dire mécanisée, industrielle et surtout productive. Seulement, au-delà de cette volonté de la mécanisation de l’agriculture, des experts soulignent en effet qu’il faudra mettre un accent sur le reformatage du paysan, et lui donner l’opportunité de s’approprier les nouvelles exigences de l’agriculture de seconde génération, laquelle recommande une vision prospective et de nouvelles compétences capables de s’approprier la mécanisation et la transformation. « On ne peut pas passer de la machette ou de la houe au tracteur aussi facilement. Il faut informer les gens, il faut les éduquer, je crois que c’est tout un système novateur qui est à mettre en place », soutient Thérèse Zambou, technicienne d’agriculture.

Selon Philippe Mbesse Bolomiki, ingénieur général de génie rural, si l’agriculture de seconde génération est effective, il y aura beaucoup de bonheur en milieu rural. Ce d’autant plus que les producteurs seront capables de produire mieux et plus, et ils pourront aussi vendre, « car il y a des marchés contrairement à ce que les gens pensent, et ce malgré le mauvais état des pistes ».  Cet expert fonde son argumentaire sur le fait que le Cameroun est le plus grand fournisseur des produits vivriers dans la zone Cemac et même au-delà. « Nous alimentons des pays comme le Nigéria. Et donc, je pense qu’il y a de très belles perspectives pour les producteurs. Mais maintenant, il faut qu’une bonne organisation accompagne tout cela. En termes de statistiques, les projections de l’Etat prévoient une augmentation de l’ordre 30 à 40% dans les 10 prochaines années, pour ce qui est du niveau d’augmentation des revenus des producteurs. L’agriculture de seconde génération peut vraiment contribuer au rayonnement de l’économie et du pays », conclut-il.
Il reste donc encore beaucoup de chemin à parcourir et des ajustements à faire sur le plan organisationnel, afin que l’agriculture de seconde génération soit une réalité palpable au Cameroun. En attendant, les agriculteurs continuent d’utiliser des matériaux archaïques. Ce qui a pour conséquence, la faible production encore enregistrée aujourd’hui au Cameroun.