Cameroun – Logements sociaux: l’entretien qui divise

La plupart des logements de la Société immobilière du Cameroun (SIC) baignent dans une insalubrité repoussante, malgré des annonces récurrentes de programmes d’assainissement.

Aux camps de Nlongkak et Messa, par exemple, le visiteur peut aisément constater l’état d’engorgement de certaines fosses et caniveaux, la défectuosité de plusieurs équipements, des murs défraichis, un cadre non entretenu, des ordures ménagères envahissant les espaces qui n’ont plus de vert que le nom. Qui doit faire quoi ? Les occupants, que l’on pourrait accuser en première intention, nient leur responsabilité dans cette situation peu ragoûtante. Beaucoup dénoncent l’indolence de la SIC, dont le contrat-plan passé avec l’Etat prescrit l’harmonisation des ressources financières en vue d’un entretien de qualité. www.237online.com «C’est vrai que nous ne sommes pas exempts de tout reproche, mais il faut savoir que nous versons le loyer à la SIC comme le stipule notre accord. Le même accord dit que nous devons harmoniser nos efforts pour entretenir la cité. Nous faisons ce que nous pouvons, mais la SIC, qui dispose de plus de moyens, ne vient pas en soutien au moment où le malaise s’accentue alors qu’un vaste plan d’aménagement a été annoncé ce début d’année», s’emporte un locataire.

A la SIC, un responsable reconnaît que la structure accuse des lenteurs. Il dénonce cependant l’incivisme des occupants, qui devraient considérer ces maisons comme leurs propres demeures avant d’attendre toute intervention, les uns et les autres étant appelés à mutualiser leurs efforts. Bien d’autres Camerounais encore ne cachent pas leur difficulté à accéder aux logements sociaux bâtis par l’Etat, finalement devenus un luxe pour personnes aisées (hommes d’affaires, hauts cadres de l’administration, hauts gradés de l’armée, etc.) là où ils devraient prioritairement revenir aux couches moyennes. La procédure d’attribution des logements est floue et les attentes trop longues, quand les dossiers ne restent pas bloqués dans les tiroirs des cadres de l’entreprise. Outre ce désagrément, les populations ne cessent de décrier la vétusté des logements mis à leur disposition parce que exigus, délabrés et nécessitant une véritable réfection.
Au-delà de ces manquements, les prix de vente des logements paraissent exorbitants et ne répondent pas aux normes d’habitat social. De manière générale, la SIC, créée en 1952 et au capital détenu par l’Etat, est incapable de remplir ses missions de service public qui consistent en la mise en œuvre de la politique de logement définie par les pouvoirs publics.