Cameroun: L’homme – serpent, assassin de 2 étudiantes écope de la peine de mort

En septembre 2013, l’assassinat de deux étudiantes de l’université de Dschang plonge la ville dans l’émoi. Près de trois ans après, l’assassin vient d’être condamné à mort.

Par jugement rendu le 25 avril 2016, la Chambre Criminelle du Tribunal de Grande Instance de la Menoua, sous la houlette son Président Monsieur Tchihikou Daniel, a reconnu l’accusé Ashounganya Blaissius coupable d’assassinat des deux étudiantes de l’université de Dschang et l’a condamné à la peine de mort avec fusillade sur la place publique.
RAPPEL DES FAITS
Le 15 Septembre 2013, deux jeunes étudiantes, les nommées Nken Makeuben Armelle, Lemdoum Marie Pascaline, toutes deux étudiantes en troisième année Sciences économiques et Marketing à l’Université de Dschang étaient froidement assassinées par un certain Ashounganya Blaissius. 237online.com Le brave homme, marié à 3 épouses et père de plus de 15 enfants, entretenait des relations adultérines secrètes avec la nommée Nken Makeubeu Armelle depuis quelques années, et l’avait même logée dans une mini cité au nom plutôt bien choisi :  » Résidence de la paix « .Celle-ci cohabitait avec une

autre étudiante présentée comme sa copine, Lemdoum Marie Pascaline. Ce 15 septembre fatidique donc, autour de 11 heures, Ashounganya va rejoindre les deux jeunes filles dans leur chambre à la dite mini cité. Dès qu’il entre, il s’enferme avec elles à double tour. S’en suivront des scènes sans témoin dont personne n’a pu dire avec exactitude la nature. Toujours est-il que les bruits et les cris parviennent aux voisins qui ont tenté d’intervenir en vain, la porte étant hermétiquement fermée. D’aucuns estiment que cette intervention des voisins était à la fois molle et timorée, à la fois par la réputation prêtée aux jeunes femmes et la peur d’être victime d’on ne sait de quel sortilège. Lorsque la police arrive et casse la porte, elle retrouve les deux filles mortes. A la découverte des corps, celui de Nken Makeubeu Armelle présentait des blessures au ventre, blessures qui laissaient entrevoir les intestins ; elle présentait également de nombreuses blessures au pied, à la main, etc. Lemdoum Marie Pascaline présentait aussi des blessures du ventre, sur les cuisses, à la tête, aux mains. Quant à Ashoungana, il présentait au moment de son interpellation une boule de graisse ressortie au niveau de son nombril. L’autre curiosité de cette affaire au moment de l’intervention de la police, c’est qu’il n’y avait pas effusion de sang : ni sur le sol de la chambre, ni sur le lit, ni sur le corps des deux filles, ni même sur celui de Ashounganya, malgré les nombreuses blessures qui auraient dû provoquer logiquement une grande saignée. Lors des débats à l’audience, Ashounganya Blaissius a reconnu avoir assassiné Lemdoum Marie Pascaline qui entre temps qui est devenue selon son propre aveu, sa deuxième copine. Mais il a nié être l’auteur de la mort de sa copine Nken Makeubeu Armelle. Cependant, les nombreux étudiants vivant dans la même mini cité et présents lors des faits ont témoigné avoir entendu des cris de détresse des jeunes filles venant de cette chambre et scandant :  » Serpent ! Serpent !  » Toujours est-il qu’en son temps, ce crime avait jeté l’effroi dans la ville de Dschang et provoqué la fuite de plusieurs étudiants l’université. On avait alors parlé de crime motivé par les pratiques magico-financières. Ces deux jeunes filles auraient été sacrifiées pour favoriser l’enrichissement de certaines forces occultes. Les parents des victimes, fortement traumatisées par l’assassinat crapuleux de leurs filles, n’ont pas assisté au procès. C’est Maître Tsapy Joseph Lavoisier, Avocat bien connu à Bafoussam et Coordinateur National de la Ligue Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (LNDL) qui s’est constitué pour défendre la mémoire des victimes au Tribunal. 237online.com Le bourreau des étudiantes de Dschang, Ashounganya Blaissius, déjà impliqué et reconnu coupable dans un autre crime rituel avec trafic d’organes humain, écopait ainsi de sa deuxième condamnation à la peine de mort.