Cameroun: L’écrivain Patrice Nganang accuse Célestin Monga d’avoir fait allégeance à Paul Biya

L’opposant au régime de Yaoundé soutient que le banquier de formation n’a jamais vraiment partagé la volonté de changement du peuple camerounais. Il explique qu’il s’en est plutôt servi pour booster sa carrière personnelle.

Le passage de Célestin Monga opposant au régime Biya au palais de l’Unité le 17 juillet alors qu’il était dans la suite du président de la Banque africaine de développement (Bad) n’a pas laissé indifférent l’écrivain Patrice Nganang, un autre pourfendeur du chef de l’Etat camerounais. Il y a consacré tard dans la nuit sur Facebook un post intitulé « Monga Célestin au palais d’Etoudi. Sous le court texte dans lequel Nganang fait remarquer « la rapidité avec laquelle » Monga vieillit et « le ralenti visible avec lequel » Paul Biya vieillit, il fait le procès du vice-président de la Bad.

Célestin Monga, est présenté comme un opportuniste carriériste qui s’est servi du peuple camerounais pour se faire une place au soleil de la finance internationale. « Les Mongaisants n’ont pas traverse le cap des reseaux sociaux – ils avaient besoin d’etre valides par des institutions des blancs, comme la Banque mondiale, et donc, deversaient leur venin dans des emails prives. Du pur terrorisme intellectuel, car tu lisais ca alors seul, dans ton bureau: ‘aigri!’, ‘jaloux!’ ‘nabot intellectuel!’. C’etait une epoque, ca, 1995-2005! Mais le principe demeure identique – le leader batit sa carriere personnelle aux Etats-unis de preference, sans prendre des risques inutiles, et cela, sur le dos du peuple ensanglante dont la révolution des années de braise lui a donne sa bourse a Harvard University, et qu’il nourrit de temps en temps d’illusions. Quelle époque! »

Nganang rapporte qu’au Burkina en Faso en 1995, Monga était le conseiller du dictateur Blaise Compaoré et se déplaçait en Mercedes climatisée alors que les leaders du groupe estudiantin camerounais appelé « Le Parlement » vivaient dans la misère. Patrice Nganang croit que les étudiants en exil et le banquier- rebelle ne poursuivaient plus les mêmes objectifs. « Je me suis rendu compte que la rupture entre les deux était totale, mais que 1) les leaders Parlementaires, mes camarades de classe donc, n’avaient pas voix au chapitre dans le discours public qui était domine alors par Monga qui faisait la Une des journaux de l’opposition presque chaque semaine; 2) que dans les journaux de l’opposition-la, Monga pavait un discours fondamentalement hypocrite, et maintenait une union cosmétique de la critique, pour servir l’illusion dans des papiers comme Le Messager. Mais le problème est que le temps est meilleur maitre contre l’hypocrisie. Des gens comme Benjamin Zebaze découvrent cela dans son procès contre Lazare Kaptue… »

Pour l’enseignant de la Stony brook university aux Etats-Unis « le vide en face de Biya n’est pas un hasard, il est manufacture, et chacun vient faire allégeance pas a pas ». Il croit que c’est « le ballet des allégeances » parce que « le Cameroun et le Camerounais a toujours été mafieux ». Le leader du mouvement Generation change prédit un rapprochement encore plus marqué entre Monga et le régime Biya. « Maintenant deux choses auront lieu: 1) la CRTV va passer cela en boucle, en francais et en anglais, et 2) il sera enfin president d’une banque créée par les blancs, car Biya va soutenir sa candidature a ces postes-la qui lui sont si importants. A la carrière comme à la carrière ».

Nganang est convaincu que le passage de Nganang à Etoudi est la preuve qu’il fait désormais ami-ami avec Paul Biya. L’écrivain ne veut même pas croire cet intervenant qui déclare : « si tu es membre d’une délégation de ton université qui rencontre Biya, pour je ne sais quelle raison…Je ne percevrais pas cela comme aller à la ‘soupe’ ou passer à la caisse… »