Cameroun: le Water Fufu à bas prix

Douala. Au marché central, des clients s’offrent la pâte de manioc trempé à 200 francs l’assiette ou à 10.000 francs le sac. Se déplacer au marché Water fufu est un véritable chemin de croix. Une forte odeur de pourriture empeste l’air. Elle est liée à la proximité du marché des chèvres. Il faut se munir de bottes pour éviter de tremper les pieds dans la boue, et atteindre cette denrée alimentaire (du manioc trempé, ndlr) conditionnée dans de gros sacs et des assiettes.
Les sacs de pâtes de manioc sont disposés les uns sur les autres. Ce mercredi 07 juin 2017, les commerçants sont assises derrières les étals et attendent de potentiels clients. Ils arborent des pantalons
enfilés dans les bottes. Leurs vêtements sont sales et couverts de boue. Un camion de livraison est garé tout près.
De jeunes hommes s’activent à le décharger. D’autres jeunes aident les clients à transporter leur marchandise dans des porte-tout, communément appelés «pousse-pousse». La marchandise est proposée en gros et en détail dans ce marché spécialisé. «Le prix en détail varie entre 200 et 2.000 francs Cfa l’assiette. Et en gros, le prix varie entre 10.000 et 18.000 francs le sac de Water fufu», affirme Emmanuel, commerçant.

Il indique que des grossistes qui se ravitaillent dans ce marché revendent la marchandise à des ménagères qui la transforment soit en « miondo» ou en couscous frais. Le Water fufu proposé aux potentiels clients provient du département du Moungo, de Mbanga ou de Santchou, à en croire les vendeurs. «Mon manioc vient de Ndoulou, sur la route de Souza en allant vers Bonalea», déclare Pauline Mouga. « En cette période de l’année, du mois de juin jusqu’au mois d’août, il y a le manioc et les prix sont bas. Durant ce temps, ma recette journalière varie entre 18.000 et 20.000 francs Cfa. Mais quand il y a rareté du manioc, c’est de 2.000 à 3.000 francs Cfa», explique Emmanuel.
Parmi les difficultés qui minent le secteur, les vendeurs de Water fufu indiquent qu’ils éprouvent de la peine à convaincre les camionneurs à transporter leurs marchandises. « Les difficultés rencontrées sont la disponibilité des véhicules pour la livraison, car l’eau qui s’écoule du Water fufu abime les moteurs et le véhicule ne fonctionne plus», affirme Pauline Mouga.

L’autre difficulté est la disponibilité des personnes pour le chargement et le déchargement des véhicules, car la marchandise est lourde, apprend-on.